Questions bibliques sur Jacques


Q: Dans Jc 1,1 – 5,20, qui est Jacques ?

R: Jacques est le demi-frère de Jésus-Christ. Il ne s'agit pas de Jacques, disciple de Jésus et frère de Jean, car Jacques le disciple fut mis à mort.

L'épître de Jacques fut rédigée dans un grec excellent. Il se peut que Jacques l'ait consignée lui-même, ou bien qu'il l'ait dictée à un scribe.


Q: Dans Jc, puisque Jacques est Jacques, le frère du Seigneur, et non l'un des douze disciples ni l'apôtre Paul, pourquoi devrions-nous lire l'épître de Jacques ?

R: Nous devrions lire Jacques pour au moins deux raisons.

1. Jésus apparut tout particulièrement à Jacques en 1 Corinthiens 15,7.

2. Paul désigna Jacques comme un apôtre en Galates 2,7-8. Hippolyte (222-235/6 apr. J.-C.) mentionne Jacques, frère du Seigneur, premier évêque de Jérusalem et l'un des soixante-dix apôtres, dans son ouvrage Sur les douze apôtres. Origène (225-254 apr. J.-C.) évoque Josèphe écrivant au sujet de Jacques dans Contre Celse, livre 1, ch. 17, p. 416.


Q: Dans Jc, quand cette épître fut-elle rédigée ?

R: Josèphe rapporte que Jacques, frère du Seigneur, subit le martyre en 62 apr. J.-C. ; l'épître fut donc rédigée avant cette date. De nombreux érudits estiment qu'elle date d'entre 45 et 60 apr. J.-C., quoique probablement plus proche de 45 apr. J.-C. Certains considèrent qu'il s'agit de l'un des premiers livres du Nouveau Testament à avoir été rédigés.


Q: Que dit Josèphe au sujet de Jacques ?

R: Nous disposons de deux sources : l'ouvrage de Josèphe lui-même (Antiquités judaïques, livre 18. 100. 5, section 2), et une seconde source indépendante, Origène (écrivant entre 225 et 254 apr. J.-C.) rapportant les propos de Josèphe. Voici ce que dit Origène dans Contre Celse, livre 1, ch. 47, p. 416 : « Car, dans le 18e livre de ses Antiquités judaïques, Josèphe rend témoignage à Jean comme ayant été un Baptiste… Or cet auteur, bien que ne croyant pas en Jésus comme le Christ, en recherchant la cause de la chute de Jérusalem et de la destruction du temple, alors qu'il aurait dû dire que la conspiration contre Jésus fut la cause de ces calamités s'abattant sur le peuple, puisqu'ils mirent à mort le Christ, qui était un prophète, dit néanmoins – étant, quoique contre son gré, non loin de la vérité – que ces désastres arrivèrent aux Juifs en châtiment de la mort de Jacques le Juste, qui était un frère de Jésus (appelé Christ), – les Juifs l'ayant mis à mort, bien qu'il fût un homme des plus remarquables pour sa justice. »


Q: Dans Jc, quel serait un bon plan de cette épître ?

R: Beaucoup affirment que Jacques est une épître difficile à structurer. Cinq plans différents de Jacques s'accordent sur les « sous-parties de chapitres », mais le plan d'ensemble diffère dans chacun. Voici un plan simple, utile pour retenir le contenu de Jacques.

Chap. Titre

Il est difficile d'établir un plan de l'épître de Jacques. En voici un.

1,1-27 Veiller d'abord sur notre propre relation avec Dieu et sur notre maturité

- 1,3-12 Le glorieux salut par le Christ

2 – 5,6 Les péchés envers autrui

- 2 Le favoritisme : le péché oublié

- - 2,1-7 Aucun favoritisme envers les personnes

- - 2,8-13 Aucun favoritisme envers les parties de la loi

- 3,1-18 Les enseignants et la langue

- 4,1-10 Notre combat contre le monde

- 4,11-17 Juger autrui et oublier Dieu

- 5,1-6 Condamner l'état d'esprit du riche

5,7-20 La patience, les serments et la prière

- 5,7-11 La patience

- 5,12 Les serments

- 5,13-18 La prière : chanter, oindre et confesser. La foi et la patience dans la prière d'Élie

- 5,19-20 Ramener patiemment ceux qui s'égarent


Q: Dans Jc, quelles autres parties de la Bible sont semblables à cette épître ?

R: À première vue, Jacques paraît unique, mais à y regarder de plus près, Jacques présente des similitudes avec quatre autres livres.

Les Proverbes contiennent de nombreux commandements éthiques semblables.

Le Sermon sur la montagne (Matthieu 5,3 – 7,23) présente 14 parallèles.

1 Jean et Jacques présentent des parallèles frappants.

1 Pierre et Jacques présentent également des parallèles.

Enfin, la brève épître de Jacques fait allusion à des passages de 21 livres de l'Ancien Testament.


Q: Dans Jc, quelles sont les similitudes avec le livre des Proverbes ?

R: Voici les similitudes.

Versets semblables dans Jacques et les Proverbes

Pensée ou concept       Jacques      Proverbes

Importance de la sagesse      Jc 1,5          Pr 2,3-6

Être prompt à écouter, ne pas se hâter en paroles          Jc 1,19        Pr 29,20

Quand les paroles abondent, le péché n'est pas absent          Jc 3,2          Pr 10,19

Une langue ou une parole mauvaise semblable au feu          Jc 3,6          Pr 16,27

De bons fruits ; le fruit de la justice Jc 3,18        Pr 11,30

Contre les orgueilleux, il fait grâce aux humbles          Jc 4,6 et 1 Pierre 5,5     Pr 3,34

Ne pas se vanter du lendemain       Jc 4,13-16  Pr 27,1

Couvre les péchés         Jc 5,20 ; 1 P 4,8   Pr 10,12

Jacques présente également des similitudes avec 1 Jean et 1 Pierre. Il fait allusion à des passages de 21 livres de l'Ancien Testament.


Q: Dans Jc, quelles sont les similitudes avec le Sermon sur la montagne dans Matthieu ?

R: Voici les similitudes.

Versets semblables dans Jacques et le Sermon sur la montagne dans Matthieu

Pensée ou concept       Jacques      Autres versets

Épreuves et tentations Jc 1,2.12 ; 5,10    Mt 5,10-12 ; Lc 6,23

Prière          Jc 1,5 ; 4,3 ; 5,13-18      Mt 6,6-13 ; 7,7-12

L'œil unique         Jc 1,8 ; 4,8  Mt 6,22-23

Richesse     Jc 1,10.11 ; 2,6-7 Mt 6,19-21.24-34

Le Père qui donne de bons dons     Jc 1,17        Mt 7,11 ; Lc 11,13

Colère         Jc 1,19-20 ; 4,1    Mt 5,22

Être des artisans et non seulement des auditeurs          Jc 1,22        Mt 7,24-27 ; Lc 6,46-47

La Loi          Jc 1,25 ; 2,1.12-13         Mt 5,17-44

Professer seulement la foi     Jc 1,26-27  Mt 6,1-18

Les pauvres / les pauvres en esprit          Jc 2,5          Mt 5,3.5 ; 11,5 ; Lc 6,20 ; 7,22

La loi royale         Jc 2,8          Mt 7,12

Enfreindre une loi, c'est les enfreindre toutes    Jc 2,10          Mt 5,19

Le meurtre par rapport aux autres lois     Jc 2,11          Mt 5,21-22

Les miséricordieux obtiennent miséricorde      Jc 2,13          Mt 5,7

La foi et les œuvres      Jc 2,14-26  Mt 7,15-27

La racine et le fruit        Jc 3,10-12  Mt 7,16-20

La vraie sagesse Jc 3,13        Mt 7,24

L'artisan de paix  Jc 3,17-18  Mt 5,9

Juger autrui          Jc 4,11-12  Mt 7,1-5

Les trésors rouillés       Jc 5,2          Mt 6,19-20 ; Lc 6,37 ; 12,33

Serments   Jc 5,12        Mt 5,33-37

Les figuiers ne peuvent porter d'olives / on les reconnaît à leurs fruits Jc 3,12        Mt 7,16 ; Lc 6,44-45

Artisans de paix  Jc 3,18        Mt 5,9

Vous n'avez pas parce que vous ne demandez pas / demandez et vous recevrez  Jc 4,2          Mt 7,7

S'affliger     Jc 4,9          Mt 5,4 ? ; Lc 6,25

Ne pas se vanter ni s'inquiéter du lendemain    Jc 4,13-15      Mt 6,34

Les prophètes : exemples de souffrance / ils furent persécutés Jc 5,10        Mt 5,11-12 ; Lc 6,23

Ne jurez point ; que votre oui soit oui et votre non, non.          Jc 5,12        Mt 5,34-37


Q: Dans Jc, quelles sont les similitudes avec d'autres passages du Nouveau Testament ?

R: Voici les similitudes.

Pensée ou concept       Jacques      Autres versets

La foi sans aucun doute         Jc 1,6          Mt 21,21

Aime ton prochain comme toi-même       Jc 2,8          Mt 22,39-40

Humiliez-vous      Jc 4,10        Mt 23,12 ; Lc 14,11 ; 18,14

Savoir ce qui est bien et ne pas le faire, c'est un péché / battu de coups  Jc 4,17        Lc 12,47

Les riches pleurent et se lamentent / malheur aux riches          Jc 5,1          Lc 6,24-25

Élie et la famine due à l'absence de pluie Jc 5,17        Lc 4,25


Q: Dans Jc 1,1 et Jc 2,1, Jacques est-il essentiellement une œuvre juive avec de légères retouches chrétiennes, comme le prétendaient Spitta et Meyer ?

R: Non. Comme le souligne Peter Davids dans le New International Greek Testament Commentary sur Jacques, p. 14-15, Jacques est une œuvre pleinement chrétienne pour deux raisons principales, outre Jacques 1,1 et 2,1.

1. Les similitudes avec d'autres livres du Nouveau Testament, à savoir 1 Jean, 1 Pierre et le Sermon sur la montagne dans Matthieu.

2. Des concepts chrétiens absents du judaïsme, comme le fait d'être sauvé par la parole (Jacques 1,18) et les « anciens de l'Église » (Jacques 5,14).


Q: Dans Jc 1,1, qu'est-ce que la « dispersion » ici ?

R: Il y eut plusieurs dispersions. À l'origine, lorsque les Juifs furent exilés sous les Assyriens en 722 av. J.-C., puis plus tard sous les Babyloniens, beaucoup continuèrent à vivre en Mésopotamie, en Perse et en Égypte. Ensuite, à l'époque de la Pentecôte en Actes 2, il y avait des Juifs non seulement dans ces contrées, mais aussi vers l'ouest, en Asie Mineure, en Grèce, à Rome, jusque dans le sud de la Gaule, et peut-être en Espagne. Troisièmement, la persécution sous Saul de Tarse poussa les chrétiens à quitter la Judée et à se disperser en d'autres lieux, en Actes 8. Bien entendu, en tant que chrétiens sur la terre, aucun de nous n'est encore parvenu à sa demeure ; nous aussi sommes dispersés à travers le monde. L'expression « ceux de la dispersion » n'a pas été rendue spécifique ; elle peut s'appliquer à tout ce qui précède.

Jacques affectionne les doubles sens, et l'adresse aux « douze tribus de la diaspora » est « magistralement générique ». Les Juifs s'y reconnaîtraient aisément, mais les chrétiens se verraient eux aussi comme la dispersion de Dieu dans le monde. Il est parfois bon de rester général et non spécifique. Peut-être Jacques laissa-t-il cela plutôt général parce que, tout au long de sa vie, il exerça son ministère auprès des Juifs et chercha à les faire entrer dans le royaume.


Q: Dans Jc 1,4, il est bien entendu bon que Dieu nous accorde la patience, mais pourquoi ce verset nous donne-t-il un commandement pur et simple, à savoir qu'il nous incombe de laisser la patience produire son plein effet ?

R: Une raison est que nous pouvons agir de manière à esquiver la difficulté et à court-circuiter le processus. Si Dieu veut que tu sois en un lieu, et que les choses se corsent, y demeures-tu patiemment, ou bien fuis-tu ? Heureusement (même si cela ne le paraît pas sur le moment), certaines épreuves auxquelles nous ne pouvons nous soustraire. Paul connut l'épreuve de son écharde dans la chair en 2 Corinthiens 12,8-10. Lorsque Paul demanda à Dieu de court-circuiter l'épreuve et de l'ôter, Dieu dit non. Non seulement Paul subit cette épreuve, mais il n'en voyait ni la nécessité ni le dessein, du moins jusqu'à ce qu'il se tournât vers Dieu dans la prière. Nous non plus, nous ne voyons pas toujours la nécessité ou le dessein de nos épreuves, ou bien nous ne le voyons que plus tard.


Q: Dans Jc 1,1 – 5,20, quels sont quelques jeux de mots dans Jacques ?

R: Parlons d'abord un peu d'organisation.

Plan logique : de nombreux Occidentaux utilisent un plan logique comportant une introduction, trois points environ, et une conclusion. Paul en propose habilement quelques variantes, mais il demeure fondamentalement occidental. Combien d'entre vous, en apprenant cela pour la première fois dans votre cours de rédaction, ont levé la main pour demander poliment à l'enseignant : « Je ne souhaite pas employer ce cadre d'organisation, puis-je utiliser l'une des solutions de rechange établies ? » Je suis à peu près certain que peu d'entre vous l'ont fait !

Chiasmes : les auteurs de l'Ancien Testament hébreu affectionnaient les chiasmes, où le plan était symétrique, du type : A, B, C, C', B', A', et cela quelle qu'en soit la longueur.

L'acrostiche est un autre type d'organisation, employé lui aussi dans l'Ancien Testament. Dans un acrostiche, la première lettre de chaque verset suit l'alphabet hébreu, ou bien épelle un mot.

Doubles sens : Jacques adopte encore une autre approche. Jacques emploie souvent les doubles sens des mots, non comme des jeux de mots humoristiques, mais plutôt comme des « transitions » reliant une partie précédente à la suivante. Un auteur de l'Ancien Testament qui usait des jeux de mots davantage comme un procédé mnémotechnique est Michée, en Michée 1,10-14. Dieu lui-même emploie des doubles sens en parlant à Jérémie, en Jérémie 1,11-14.

Opposés : pour compléter la liste, une autre organisation littéraire consiste à recourir aux opposés. Comme Charles Dickens pourrait le dire, l'organisation est bonne au meilleur des temps comme au pire des temps.

Voici les doubles sens et jeux de mots dans Jacques.

Salutations : chairein en Jacques 1,1 et joie charan en Jacques 1,2.

Épreuves extérieures peirasmois en Jacques 1,2 et tentations intérieures peirazomai en Jacques 1,12.

Ne manquer de rien en Jacques 1,4 et manquer de sagesse en Jacques 1,5.

Demander en Jacques 1,5 et en Jacques 1,6.

Tentation en Jacques 1,12 et en Jacques 1,13.

 

Q: Dans Jc 1,2-4, comment est-ce une joie de subir des épreuves ? Cela concerne-t-il la vie ici-bas ou plus tard ?

R: Tout d'abord, le bonheur et la joie ne sont pas une même chose. Le bonheur est un plaisir fugace dû aux circonstances, tandis que la joie est un plaisir durable, indépendant des circonstances. Au ciel, nous serons récompensés pour les épreuves que nous aurons supportées avec persévérance. Sur la terre, nous pouvons déjà goûter la joie de savoir que nous plaisons à Dieu.

Nous connaîtrons des épreuves variées ou diverses sur la terre ; c'est là une « précieuse promesse de Dieu » en Jean 16,33. Bien que ces termes soient probablement les mieux traduits, une autre traduction possible du grec est littéralement « des épreuves multicolores ».

Soit dit en passant, Jacques ne présente pas cela comme un secret réservé à quelques chrétiens à découvrir. Il commence plutôt par « comme vous le savez », car il ne fait que leur rappeler une chose qu'ils devraient déjà savoir.

En 1828, en Amérique, voici ce qu'écrivit une petite chrétienne de huit ans : « Ô quelle âme heureuse suis-je, quoique je ne puisse voir ; je suis résolue à me contenter en ce monde. Que de bénédictions je goûte que d'autres n'ont point. Pleurer et soupirer parce que je suis aveugle, je ne le puis ni ne le veux. » Ces vers furent écrits par Fanny J. Crosby, une hymnologue aveugle qui composa plus de 8 000 cantiques, publiés à plus de 100 millions d'exemplaires. Elle mémorisait cinq chapitres de la Bible par semaine, dès l'âge de 10 ans. Elle fut aussi une oratrice publique qui défendit les missions chrétiennes de secours aux perdus. (Cité du Believer's Bible Commentary, p. 2219.)

Une question connexe est de savoir comment quiconque, voyant ou aveugle, put écrire plus de 8 000 cantiques. Ce ne sont pas de simples paroles ; les cantiques de Crosby renferment une doctrine chrétienne solide et profonde. Je pense qu'une grande part de la réponse tient à ce que, mémorisant cinq chapitres de la Bible par semaine, sa tête était pleine d'Écriture. Mais, comme nous avons comparé l'écriture de Jacques aux Proverbes et au Sermon sur la montagne, la tête de Jacques était pleine, elle aussi, d'Écriture et de l'enseignement de Jésus. Nos têtes devraient-elles, elles aussi, être pleines d'Écriture ?


Q: Puisque Jc 1,3 dit que si quelqu'un manque de sagesse, il doit la demander à Dieu, était-ce une faute pour Joseph Smith, fondateur du mormonisme, de s'être prétendument rendu dans les bois pour prier afin de savoir quelle religion était la vraie ?

R: Il faut d'abord s'adresser au bon dieu. Avant de fonder le mormonisme, Joseph Smith était un occultiste, adonné à la divination par le cristal. Cela est attesté par un procès-verbal où il fut reconnu coupable de cette pratique et condamné à une amende. Il faut s'adresser au vrai Dieu.

Deuxièmement, il faut comparer ce que l'on croit avoir entendu avec la Bible. Puisque Joseph Smith affirmait que les hommes peuvent devenir tels que Dieu l'est à présent, il aurait dû lire Nombres 23,19 et 1 Samuel 15,29 pour constater que ce qui lui avait été dit ne provenait pas de la même source que la Bible. Le récit mormon populaire de la première vision fut en partie inventé après la mort de Joseph Smith. Il existe au moins trois premières visions contradictoires.

Troisièmement, il est légitime de prier le vrai Dieu au sujet de choses telles que l'église à fréquenter. Toutefois, nous ne prions pas au sujet de choses que nous savons non bibliques et mauvaises.

Quatrièmement, suivre ce que Dieu dit n'a rien de « sournois ». Joseph Smith prétendit avoir reçu l'ordre d'être polygame ; il épousa donc une seconde femme. Cependant, il ne l'annonça pas à sa première femme pendant plus d'un an.


Q: Dans Jc 1,4, quelle est la différence entre un jeune chrétien obéissant et embrasé pour le Seigneur, et un chrétien mûr ?

R: Un jeune chrétien obéissant peut être fort zélé, d'une bonne manière, mais il aura peut-être encore besoin des sages conseils d'un croyant plus âgé. Un chrétien mûr devrait posséder cette sagesse tant pour lui-même que pour autrui, mais il devrait veiller à ce que son amour ne commence pas à se refroidir, comme Jésus le reprocha à l'Église d'Éphèse dans l'Apocalypse.


Q: Dans Jc 1,4, qu'est-ce, au juste, que la persévérance, et comment devons-nous la cultiver ?

R: Mon pasteur définissait la persévérance ainsi : persister dans un état, une entreprise ou un dessein malgré les influences, les revers, l'opposition ou le découragement.

La persévérance est l'art de demeurer ferme et constant dans sa foi et sa pratique, même sous la persécution et la souffrance. On peut être encouragé en entendant ou en lisant le récit de la persévérance d'autrui, mais le seul moyen de savoir qu'on la possède, c'est de la mettre en pratique.


Q: Dans Jc 1,5-6, pourquoi Jacques dit-il de demander la sagesse ? 1 Corinthiens 12,8 distingue les dons de sagesse et de connaissance. Quelle est la différence ?

R: Tous les chrétiens doivent posséder une certaine sagesse, et tous les chrétiens devraient obtenir toute la sagesse dont ils ont besoin. Une partie leur vient peut-être de leur propre marche avec Dieu, et d'autres fois des sages conseils d'autrui. Au-delà de cela, certains chrétiens possèdent un don spirituel particulier de sagesse ; il leur arrive parfois d'apprendre des choses au moment même où elles sortent de leur bouche. Bien entendu, les dons spirituels ne sont pas destinés à être thésaurisés, mais à être partagés avec autrui. Le don spirituel de connaissance consiste à savoir ce qu'enseigne la Bible et la volonté de Dieu en général. Le don spirituel de sagesse consiste à appliquer la connaissance de Dieu à une situation particulière. Connaissance et sagesse vont souvent de pair, mais pas toujours.


Q: Dans Jc 1,6-7, qu'est-ce qu'un homme « à l'âme partagée », et comment certaines personnes sont-elles aujourd'hui « ballottées » par la mer ?

R: Cela renvoie au fait de vouloir des choses contradictoires. « À l'âme partagée » se traduit plus exactement par « au cœur double », c'est-à-dire deux affections contradictoires. Une personne peut avoir une dépendance à l'alcool ou à autre chose, tout en voulant suivre Dieu. Elle risque de ne pas être constante à suivre Dieu. Elle peut décider de suivre Dieu un jour, mais lorsque se présente une occasion pour son autre désir, celui-ci prend le dessus. Dieu veut que nous L'aimions de tout notre cœur, et non d'une partie seulement.

Quant au fait d'être ballotté par la tempête, demandez à Jonas, ou à Pierre sur la mer de Galilée.

Une personne peut convoiter un profit illicite, tout en voulant être tenue pour un homme intègre. Comme quelqu'un l'a dit, si l'on danse avec les pécheurs le samedi soir, il est difficile de se lever pour chanter avec les saints le dimanche matin.

En définitive, la plupart des péchés relèvent de la duplicité du cœur, car les gens désirent le péché sans en vouloir les conséquences terrestres et éternelles.


Q: Dans Jc 1,9-11, pourquoi Jacques évoque-t-il ici les riches et les pauvres, entre deux passages sur les épreuves et les tentations ?

R: Les richesses ont à voir avec les deux. Mais Jacques ne parle pas ici d'une quelconque épreuve de besoin financier. Il parle plutôt de l'épreuve du pauvre, lorsqu'il souffre d'être exploité par le système en général, et par certains riches en particulier, uniquement parce qu'il est pauvre. Il y a aussi la tentation de l'envie que peut connaître le pauvre.

Ainsi, ne sois pas pauvre et tu échapperas peut-être à ces problèmes – mais tu peux en avoir d'autres. Il y a l'épreuve de mener une vie pieuse lorsque les richesses agissent tel un « aimant » qui t'éloigne de la confiance en Dieu et anéantit ton ministère et ton témoignage. Il est facile de « se glorifier dans ses richesses », alors même que Jérémie 9,23-24 nous dit précisément de ne pas le faire. Il y a la tentation de l'arrogance, et celle de mépriser les plus pauvres comme « moins utiles » à cause de leur seul compte en banque.


Q: Dans Jc 1,9, comment un homme pauvre doit-il tirer fierté de sa haute condition ?

R: Il peut savoir que l'argent ou la richesse qu'il ne possède pas n'a pas la moindre importance dans l'éternité. En réalité, il n'a rien à envier aux riches, car avoir un cœur de foi et peu de moyens vaut mieux que d'avoir de grandes richesses sans foi.


Q: Jc 1,10 se rapporte-t-il à un croyant riche ou à un incroyant riche ?

R: Le texte ne le précise pas. D'une part, puisque Jacques 1,9 parle de frères, on peut sous-entendre que l'homme riche de Jacques 1,10 est également un frère. Cependant, Jacques 1,11 parle non pas des richesses, mais du riche qui se flétrit au milieu de ses entreprises.

Jacques, à l'instar de certains Chinois, est un maître de l'ambiguïté. Jacques 1,10 ne tranche pas ; et c'est peut-être parce qu'il est parfois difficile de discerner si un riche est chrétien ou non. Il peut « se réclamer du nom », mais sa vie ne vous donne aucune assurance, dans un sens ou dans l'autre, de ce qu'il y a dans son cœur.

Les richesses peuvent parfois amener un croyant à « se flétrir » dans son témoignage et son ministère. Il y eut un chrétien qui gagna beaucoup d'argent. Il en donna aussitôt au moins 10 % à l'Église. Il pourvut aussi aux besoins de sa famille, au fonds d'études de ses enfants, etc. Au bout d'un certain temps, il usa de son argent pour s'enivrer, s'attacher les services de prostituées, et il fut cambriolé à plusieurs reprises dans sa voiture, où il conservait beaucoup de liquide. Plus tard, il déclara qu'il aurait préféré n'avoir jamais gagné à la loterie. Il ne sut malheureusement pas résister à la tentation des richesses.


Q: Dans Jc 1,10-11, comment les chrétiens riches doivent-ils tirer fierté de leur humble condition ?

R: Eux aussi peuvent comprendre que la richesse qu'ils ont amassée pour eux-mêmes ne leur sera d'aucun profit quand ils seront au ciel. Mais leurs richesses peuvent être utiles sur la terre, à mesure qu'ils les distribuent. Ils peuvent se réjouir d'abaisser leur condition, aux yeux du monde, en distribuant leurs biens. Ainsi, bien que les richesses puissent être d'une grande utilité dans le royaume de Dieu, nous devons prendre conscience du danger qu'elles représentent en tant qu'« aimant » nous éloignant de Dieu.


Q: Dans Jc 1,12, comment sommes-nous bénis dans l'épreuve ? Cela concerne-t-il la vie ici-bas ou plus tard ?

R: Au ciel, des récompenses nous sont promises en 1 Corinthiens 3,10-14. Sur la terre, nous sommes bénis d'au moins trois manières. Persévérer dans l'épreuve forge notre caractère, et nous pouvons savoir que nous plaisons à Dieu en supportant l'épreuve. De plus, le témoignage que nous rendons à autrui peut contribuer à l'attirer vers le Seigneur pour son salut. En langage moderne, ne considérez pas une chose comme une « épreuve » ; Dieu vous accorde plutôt une « métamorphose radicale » !


Q: Dans Jc 1,12, qu'est-ce qu'une couronne ici ?

R: Deux mots grecs sont traduits par couronne. L'un désigne un « diadème », la couronne d'un roi, et l'autre une couronne de feuillage remise au vainqueur d'une épreuve sportive. C'est le second mot qui figure ici.


Q: Dans Jc 1,12 et Jc 1,2, quelle est la différence entre une épreuve et des tentations ?

R: Les mots grecs ne sont pas identiques, mais semblables. Les épreuves extérieures et les tentatives extérieures de séduction sont peirasmois, et les choses intérieures qui vous tentent réellement sont peirazomai. Toutes deux éprouvent notre foi, mais on peut concevoir des « épreuves saintes », qui peuvent venir de Dieu, et des « tentations impies » qui ne viennent pas de Dieu.


Q: Dans Jc 1,12, puisque les épreuves et les tentations peuvent tourner à notre bien, devrions-nous les rechercher ?

R: Non. Jacques 1,14 dit que les désirs des croyants recherchent déjà trop les tentations. Les deux se présenteront à nous ; mais nous ne devons rechercher ni l'une ni l'autre. De même, nous ne devons pas rechercher d'épreuves pour d'autres croyants, ni les tenter.


Q: Dans Jc 1,13, Dieu peut-il être tenté, puisque Ex 17,7 ; Nb 14,22 ; Dt 6,16 et Ps 78,18.41.56 ; 95,6 ; 106,4 disent que les gens ont tenté Dieu ?

R: Les gens de l'Exode, comme ceux d'aujourd'hui, peuvent tenter de tenter Dieu, s'ils le veulent, mais Dieu ne peut être tenté. Dans les passages de l'Ancien Testament, le fait que les Israélites tentent Dieu signifie qu'ils péchèrent au point de provoquer la colère de Dieu. On aurait dit qu'ils tentaient Dieu de les détruire. Qu'allez-vous offrir pour tenter le Tout-Puissant ? Comment allez-vous tromper Celui qui sait tout ?


Q: Dans Jc 1,13, comment nul n'est-il tenté par Dieu, alors que bien d'autres versets disent que Dieu les mit à l'épreuve ?

R: Il y a une différence entre tenter et éprouver, et entre permettre une épreuve et la causer.

Nul n'est tenté par Dieu : Dieu ne conduira ni ne suggérera jamais à quelqu'un de faire le mal, ou quelque chose qui Lui déplaise.

Dieu éprouve : Dieu permet que nous nous trouvions dans des situations où nous serons tentés, quoiqu'Il ne permette pas que nous soyons tentés au-delà de nos forces. Dieu permet à Satan, aux démons et à d'autres de nous tenter et de nous faire passer par des épreuves. Bien que le Dieu Tout-Puissant pût empêcher toutes ces choses, s'Il le voulait, Dieu, dans Sa sagesse souveraine, juge préférable que nous les traversions, afin de forger notre caractère chrétien et de recevoir des récompenses au ciel.

Le rabbin juif Chaninah (Ier siècle apr. J.-C.) disait : « Nulle chose mauvaise ne vient d'en haut. » Tiré de The Expositor's Greek Testament, vol. 4, p. 429-430.


Q: Dans Jc 1,14, que font nos propres désirs ?

R: Il s'agit d'un terme emprunté à la chasse et à la pêche. Bien qu'il puisse signifier « entraîné au-dehors », il désigne plus communément le fait d'être séduit ou attiré par un appât.


Q: Dans Jc 1,14-15, quel est le processus de la tentation ?

R: Avez-vous songé que le péché et les tentations, tel un cancer, peuvent croître ? Ces versets illustrent « trois générations de péché ». La tentation naît lorsqu'une personne éprouve un désir pour quelque chose. Ou bien la chose est mauvaise, ou bien la personne ne croit pas que Dieu la lui donnera, ou bien elle veut l'obtenir d'une mauvaise manière. Puis elle commence à agir selon ce désir, pour obtenir ce qu'elle veut. Ensuite, Satan veut qu'elle subisse les conséquences de son péché. Bien souvent, un péché n'a pas qu'une seule cause. De même qu'un feu peut avoir trois causes – l'air, le combustible et l'étincelle –, le péché peut avoir une atmosphère, un désir et une occasion. Voir l'article Overcoming Temptation à l'adresse http://www.BIbleQuery.org/Experience/Temptation/OvercomingTemptation.html pour plus de renseignements.


Q: Dans Jc 1,14, sommes-nous tentés par notre propre désir, ou par Satan, comme le disent 1 Co 7,5 et Ac 5,3 ?

R: Les deux sont vrais. De même qu'un feu est causé à la fois par une étincelle et par le bois, Satan cherche à enflammer nos désirs, notre orgueil, notre cupidité et nos craintes pour nous pousser à des péchés précis. Satan peut nous séduire avec un « appât » en vue du péché, mais il nous incombe de ne pas mordre à l'appât et de fuir la tentation. Jacques 4,7 et 1 Pierre 5,8-9 soulignent que nous devons résister au diable. Si nous marchons dans l'intimité de Dieu, notre bois se transforme en or, et le bois qui reste est humecté par l'eau de l'Esprit.


Q: Dans Jc 1,15, à quoi la mort renvoie-t-elle exactement ici ?

R: La meilleure réponse, selon A. Barnes, est « la mort sous toutes ses formes ». Elle peut renvoyer à la mort physique, à la mort spirituelle, ainsi qu'à la mort d'une amitié, d'une relation ou d'une occasion.


Q: Dans Jc 1,17, pourquoi mentionne-t-on à la fois un « don bon » et un « don parfait » ?

R: Il s'agit de mots différents en grec, et Jacques se réfère aux deux. Le premier mot, dorema, désigne une chose qui est donnée, et dosis un don concret. Selon Philon, le mot dorema désignait un don bien plus fort et plus complet. On peut concevoir ces dons comme de bons dons de Dieu, tant grands que petits.


Q: Dans Jc 1,17, que signifient les lumières ici ?

R: Bien que le mot « célestes » ne figure pas dans le grec, le contexte est ici celui des lumières célestes. Sur le plan physique, on concevait le soleil, la lune et les étoiles ensemble comme des lumières célestes, selon Genèse 1,14-18 ; Psaume 136,7. Le Psaume 19,1-6 parle du firmament et du soleil comme communiquant la gloire de Dieu. Sur le plan spirituel, la lumière est ce par quoi nous voyons la vérité, ce vers quoi nous sommes attirés, et ce que nous devons suivre, comme le montre le Psaume 19,7-14. Mais, contrairement à Dieu, une lumière céleste peut paraître « tourner », comme le fait la lune chaque mois, ou lors d'une éclipse.


Q: Dans Jc 1,17, qu'en est-il des autres sortes de lumières qui existent et qui ne viennent pas de Dieu ?

R: Nous pouvons être trompés au point de croire que d'autres lumières sont semblables au soleil, et de les suivre parce qu'elles sont plus proches. Si nous sommes des insectes, c'est comme si Satan disposait au-dehors des lampes anti-insectes pour nous foudroyer. Oui, elles existent, et elles peuvent paraître attirantes, mais nous ne devrions pas vouloir nous approcher de ces lumières.


Q: Dans Jc 1,17, comment se fait-il que Dieu ne change point comme des ombres mouvantes ?

R: Le caractère ou les attributs de Dieu ne changent pas. Nombres 23,19 et 1 Samuel 15,29 disent que Dieu ne change pas d'avis, contrairement aux hommes. Cependant, la volonté révélée de Dieu à notre égard peut changer lorsque nous changeons d'avis sur un point. Par exemple, lorsque Dieu annonça à Pharaon du temps d'Abraham, à Abimélec, puis aux Ninivites qu'ils allaient être châtiés de diverses manières pour leur péché, et qu'ils se repentirent, alors le châtiment n'allait plus s'abattre sur eux.


Q: Dans Jc 1,18, comment Dieu nous a-t-il enfantés par la parole de vérité ?

R: D'une part, Dieu nous a donné une nouvelle naissance par la parole de vérité de l'Évangile. Mais plus fondamentalement, Jésus est la Parole et la Vérité, et nous avons une nouvelle naissance parce que Jésus est venu mourir sur la croix pour nos péchés.


Q: Dans Jc 1,18 et Ap 14,4, comment les hommes sont-ils les prémices de Dieu, puisque c'est le Christ qui l'est en 1 Co 15,20 ?

R: Le Christ est les prémices de tous les humains qui croient, puisque Jésus « a ouvert le voile » conduisant à notre salut. Jacques 1,18 dit que nous sommes une sorte de prémices de toutes les créatures de Dieu. Les 144 000 de l'Apocalypse 14,4 sont les prémices de ceux qui seront sauvés durant la tribulation, après l'enlèvement.


Q: Dans Jc 1,18, comment sommes-nous une sorte de prémices des créatures de Dieu ?

R: L'Écriture ne répond pas précisément à cette question. Cependant, l'Écriture nous enseigne deux choses.

Les hommes en général : nous sommes formés d'une manière si merveilleuse (Psaume 139,14), Dieu a un dessein particulier pour nous (Psaume 9,4-8).

Les enfants de Dieu : c'est une vérité admirable que nous soyons appelés enfants de Dieu (1 Jean 3,1), que nous régnerons avec le Christ (Éphésiens 2,6-7), et que nous sommes des gens qui autrefois n'appartenaient pas à Dieu mais qui à présent Lui appartiennent (1 Pierre 2,9-10). Il existe bien d'autres versets, et le fait d'être les prémices n'est que l'une des nombreuses bénédictions.


Q: Dans Jc 1,19, qui devons-nous, selon vous, écouter ?

R: Jacques 1,19 parle d'écouter en général et ne répond pas à la question. Mais nous devons écouter Dieu d'abord, puis nos responsables d'Église ensuite. Nous devons aussi obéir aux autorités civiles. Cependant, 2 Timothée 3,5 dit expressément que nous devons nous détourner des gens qui se détournent, amis du plaisir plutôt qu'amis de Dieu. Si quelqu'un ne suit manifestement pas Dieu, alors vous n'avez pas à le suivre en tant que responsable d'Église.


Q: Dans Jc 1,19, puisque nous sommes censés prêcher l'Évangile, pourquoi, selon vous, devrions-nous être plus prompts à écouter qu'à parler ?

R: Même en prêchant à autrui, il est bon d'écouter d'abord d'où vient la personne. Dans vos conversations en tête-à-tête, il est bon d'écouter plus que vous ne parlez.


Q: Dans Jc 1,19 ; 3,1, quelle est la différence entre une langue déliée, une langue muette et une langue bridée ?

R: Une langue déliée dit des choses, vraies ou non, qui ne devraient pas être dites. Une langue muette ne dit rien, pas même ce qui doit être dit. Imaginez qu'un incendie se déclare dans une église, ou un embrasement spirituel, et que vous ne disiez rien. Une langue bridée est capable de dire bien plus qu'elle ne le fait, mais elle se limite à ne dire que ce qui est utile.


Q: Dans Jc 1,19, de quelles choses ne devrions-nous pas parler ?

R: Nous ne devrions rien partager que Dieu ne veuille nous voir partager ; priez donc Dieu de vous montrer votre cœur quant à savoir quand vous taire. Voici l'abécédaire de quelques choses dont nous ne devrions pas parler.

Attiser la colère d'autrui, à moins qu'il ne doive s'indigner de quelque chose.

Bomber le torse ou se vanter.

Confidences que d'autres vous ont faites, qu'ils aient dû le faire ou non.

Décourager autrui de la justice, comme le fit la femme de Job. (Le décourager du péché est cependant bon.)

Exalter le péché. (Cette fois où je me suis enivré au bar, c'était formidable…)

Fausses choses ou mensonges, y compris la flatterie.

Glorifier autrui, le mettre sur un piédestal. (L'honorer est cependant bon.)

Heurter ou blesser la personne ou d'autres.

Insulter pour rabaisser la personne ou d'autres.

Juger autrui, quoiqu'il soit permis de qualifier de péché des actions pécheresses.

Kyrielle de propos qui font sciemment perdre confiance en vos paroles.

Longueurs, verbiage et prolixité, en donnant plus d'informations que la personne ne souhaite écouter et entendre.

Malveillance mensongère pour nuire à autrui ou se divertir à ses dépens.

Non-partage d'informations privées sur une autre personne qu'elle ne veut pas voir divulguées. (Peu importe que vous jugiez ou non qu'elle a raison de ne pas les partager.)

Plagier ce qu'un autre a dit, sans lui en attribuer le mérite. Ne dérobez pas les paroles d'autrui comme si elles étaient vôtres.

Questionnable exactitude (vous n'êtes pas vraiment sûr que ce soit vrai ou non).

Ressasser les torts de la personne, après en avoir déjà discuté et lui avoir pardonné. Ces choses doivent être oubliées.

Secrets susceptibles de faire tuer, blesser ou emprisonner à tort une personne innocente.

Tentation pour autrui. (Cette fois où je me suis enivré dans ce bar précis, où les boissons sont à moitié prix…)

Undisclosed – informations non divulguées que vous avez promis à votre employeur, ancien employeur ou client de ne pas partager.

Vilipender ou calomnier une autre personne.

Wicked – ce que des gens malveillants pourraient exploiter à leur avantage.

X – contenus obscènes, érotiques, indécents ou humour grossier.

Vous n'honorez ni Dieu ni vos frères chrétiens.

On devrait voir votre vie à l'œuvre, mais vous ne devriez pas vous sentir obligé de toujours avoir quelque chose à dire.


Q: Dans Jc 1,19-20, quelle raison est donnée d'être prompt à écouter et lent à se mettre en colère ?

R: Il est expressément dit que la colère de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu. Le texte ne dit pas de ne pas parler du tout, mais si nous différons de parler, en écoutant d'abord, nous risquons moins de dire, sous le coup de la colère, des choses inutiles, que nous regretterons (ou du moins devrions regretter) plus tard.

Le simple fait que Dieu l'ait commandé nous suffit amplement comme raison. Cependant, ce que Dieu commande est parfois bon pour nous aussi sur le plan physique. Le magazine Health & Healing du Dr Julian Whitaker, vol. 10, no 8, août 2000, p. 5, rapporte que les personnes promptes à la colère sont 2,7 fois plus susceptibles d'être victimes d'une crise cardiaque que les personnes les moins enclines à la colère.

De plus, lorsque vous parlez, demandez-vous pourquoi vous éprouvez le besoin de parler à cet instant. Parlons-nous avant tout pour nous sentir mieux, pour paraître meilleurs, ou pour dire ce que Dieu veut que nous disions afin d'aider au mieux autrui ? Jacques nous enseigne que notre colère, précisément, ne concourt pas à ce dernier objectif. Efforcez-vous de faire de chaque parole qui sort de votre bouche ce que Dieu voudrait que vous disiez, et quant à toutes les autres paroles, ne les dites tout simplement pas. Il vaut bien mieux se taire que de dire des choses que l'on ne devrait pas dire.


Q: Dans Jc 1,20, pour quelle autre raison devrions-nous être lents à la colère ?

R: Lorsque vous parlez, demandez-vous pourquoi vous éprouvez le besoin de parler à cet instant. Parlons-nous avant tout pour nous sentir mieux, pour paraître meilleurs, ou pour dire ce que Dieu veut que nous disions afin d'aider au mieux autrui ? Jacques nous enseigne que notre colère, précisément, ne concourt pas à ce dernier objectif. Efforcez-vous de faire de chaque parole qui sort de votre bouche ce que Dieu voudrait que vous disiez, et quant à toutes les autres paroles, ne les dites tout simplement pas. Il vaut bien mieux se taire que de dire des choses que l'on ne devrait pas dire.


Q: Dans Jc 1,19.21 ainsi que Jc 1,26, pourquoi Jacques associe-t-il si volontiers la langue et la souillure morale ?

R: Si la langue peut proférer des choses immondes, plus encore, la langue peut être une porte ouverte à la communication de lieux où commettre toutes sortes de maux.


Q: Dans Jc 1,20, puisque la colère de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu, est-il jamais permis de se mettre en colère ?

R: La Bible ne nous commande pas de ne jamais nous mettre en colère ; de fait, il nous arrivera d'éprouver de la colère lorsque nous partageons le sentiment de Dieu à l'égard d'une situation. Mais Éphésiens 4,26 dit que nous ne devons pas laisser le soleil se coucher sur notre colère. Autrement dit, ne conservez pas votre colère au moment de vous coucher. Éphésiens 4,27 dit de ne pas donner accès au diable. Car, en vérité, lorsque vous croyez retenir votre colère, c'est en réalité votre colère qui vous retient.

En passant, Proverbes 29,11 mentionne également que nous devons être lents à parler.


Q: Dans Jc 1,21, que signifie ôter la souillure morale ici ?

R: Le verset 21 peut être considéré comme une conclusion de la partie précédente, comme l'introduction de la partie suivante, ou, plus probablement, comme les deux.

Le mot grec pour souillure ici, ribarion, signifie souillure, mais un mot très voisin, ribara, signifie « miteux ». Ôtez tout ce qui nuit à votre vie chrétienne parce que c'est « miteux », si ce n'est « immonde ».

Le mot grec pour ôter ou déposer, apothememoi, renvoie souvent au fait de retirer des vêtements souillés. Lorsqu'une personne porte des vêtements propres, et qu'ils se salissent peu à peu, il est facile de ne pas s'en apercevoir et de continuer à les porter comme si tout était normal. Prenez garde à ce que vous tenez pour « normal ».

On peut aussi voir là un complément intéressant à la parabole du semeur. Nous pouvons être de la bonne terre qui a déjà reçu la parole, mais avoir encore quelques mauvaises herbes morales alentour. Il nous incombe de nous occuper de ces mauvaises herbes et de ne pas les laisser croître.


Q: Dans Jc 1,21, « c'est pourquoi » peut signifier « afin d'accomplir ce qui précède », « faites ce qui précède afin d'accomplir ce qui suit », ou « ce qui précède était un exemple de ce qu'il faut faire à présent ». Quel sens est, selon vous, ici visé ?

R: À examiner la question de manière logique, si nous appelons Jacques 1,19 « A » et Jacques 1,21 « B », cela nous dit-il de faire « A » afin d'accomplir « B », ou de faire « B » afin d'accomplir « A », ou bien « A » était-il un exemple de la manière de faire « B » ?

C'est le second sens. Le salut n'est pas évoqué avant Jacques 1,21, et il s'opère par la Parole implantée (Jésus). Jacques 1,19 est un commandement qui nous est donné, et 1,21 est nécessaire pour que nous puissions accomplir ce qui précède, en Jacques 1,19.


Q: Dans Jc 1,21, est-ce la parole implantée qui sauve nos âmes, ou est-ce le Christ, ou est-ce le sang du Christ, ou la grâce de Dieu ?

R: Tout cela à la fois ; ce sont différentes manières de considérer une même réalité. La grâce aimante de Dieu est la raison ultime de notre salut, et non notre propre mérite. L'« événement » qui fut la cause de notre salut fut la mort et la résurrection de Jésus. Notre vie est soutenue par la parole implantée en nous, qui est Jésus, la Vérité et la Parole, vivant dans notre cœur. Le moyen par lequel cette grâce s'est répandue sur nous fut Jésus, selon Tite 2,6-7 et Hébreux 1,9. L'Esprit de Dieu doit habiter en nous pour que nous appartenions au Christ, comme le dit Romains 8,9-11. Enfin, nous sommes sauvés par grâce, par le moyen de la foi (Éphésiens 2,8), et le message de l'Évangile ne nous est d'aucun profit si nous ne le joignons pas à la foi, comme l'enseigne Hébreux 4,2.

Un point facile à négliger est que Jacques ne parle pas seulement de la parole implantée de Dieu qui, à terme, nous sauve de la peine du péché ; Jacques met aussi l'accent sur le fait qu'elle nous sauve de la puissance du péché dès maintenant.


Q: Dans Jc 1,22, que signifie se tromper soi-même ?

R: Les gens se trompent eux-mêmes sans cesse. Je montrai un jour à une étudiante musulmane la preuve que le Coran avait été modifié, et sa réponse fut : « Je sais par la foi que ces choses ne sont pas vraies. » Ce fut la fin de la discussion ; elle ne voulait examiner aucun fait susceptible de changer son point de vue.

Explicitement, les gens peuvent choisir de croire des choses qui ne sont pas vraies. Ils le font parfois, non parce qu'ils sont convaincus dans leur esprit, mais parce qu'ils redoutent les conséquences s'ils croyaient l'inverse. De même, ils comprendraient qu'ils devraient changer s'ils croyaient l'inverse, et ils ne sont pas disposés à opérer ces changements. Parfois, une personne voit un certain nombre de ce qu'elle tient pour des faits appuyant sa position, et elle en voit d'autres qui contredisent sa croyance. Plutôt que d'examiner les deux ensembles de faits, et de songer qu'il est légitime de modifier sa vue, elle se contente d'ignorer les faits gênants.

Implicitement, les gens peuvent voir des choses assez manifestement vraies, et néanmoins soutenir qu'elles sont incertaines ou douteuses. Ils ne sont pas assez malhonnêtes pour croire l'inverse, mais ils ne sont pas assez honnêtes envers eux-mêmes pour affirmer ce qu'ils devraient affirmer.

Si une personne croit d'une certaine manière, et que, pour une raison quelconque, elle voit ce qui lui paraît être des faits vrais qui la contredisent, le premier pas vers la vérité doit être simplement de reconnaître que ces autres faits appuient une autre vue. Lorsque vous lisez la Bible et voyez des choses différentes de ce que vous croyez, au lieu d'en être contrarié, vous pouvez vous réjouir. Vous avez devant vous l'occasion de changer, de devenir plus sage et plus en accord avec Dieu. Comme quelqu'un l'a dit : « Je me réserve le droit de devenir plus intelligent. »


Q: Dans Jc 1,22, pourquoi écouter la vraie parole sans faire ce qu'elle dit, c'est se tromper soi-même ? Après tout, la parole est vraie.

R: Lorsqu'un bâtiment brûle, dire à une personne qu'elle doit quitter le bâtiment ne sert à rien si la personne n'en sort jamais. De même, entendre la vraie parole ne sert à rien si la personne ne veut pas y croire et agir en conséquence. Jacques parle de gens qui n'ont pas une bonne relation avec Dieu. Il peut s'agir aussi bien d'incroyants qui n'ont aucune relation avec Dieu, que de croyants hypocrites qui doivent revenir à leur premier amour et poursuivre leur marche.

Jacques poursuit en traitant du fait d'être des artisans et non seulement des auditeurs, de trois manières précises : le comportement individuel, le soin d'autrui dans la société, et les valeurs intérieures.


Q: Dans Jc 1,23-25, pourquoi entendre sans mettre en pratique, c'est comme regarder dans un miroir, puis s'en aller et oublier à quoi l'on ressemble ?

R: Avant de répondre à cette question, parlons du concept de miroir. Bien qu'ils n'eussent pas de miroirs en verre à l'époque, ils avaient des miroirs de bronze poli qui pouvaient montrer les contours, même si les couleurs n'étaient pas fidèles. Un miroir vous donne une impression exacte de votre apparence. Il ne flatte ni n'insulte ; il vous montre simplement ce que vous êtes. Dès que vous vous éloignez du miroir, il ne vous reste qu'un souvenir ; vous ne vous voyez plus.

La parole de Dieu est excellente pour nous donner des renseignements et des vérités nouvelles, mais elle sert toujours un second dessein (si nous le lui permettons). Elle est un miroir de notre caractère. Nous pouvons regarder dans la parole de Dieu, et elle nous montre où nous manquons, en restant en deçà, et où nous pouvons grandir en changeant. En 2 Corinthiens 13,5, Paul commande aux croyants de s'examiner eux-mêmes. Nous le faisons non selon quelque norme arbitraire de notre invention, mais selon la vérité de Dieu dans Sa parole. Mais si vous regardez dans le miroir de Dieu, et ne voulez pas faire ce qu'il dit, alors, en vous éloignant, il ne vous reste qu'un souvenir, et aucun changement n'a été opéré.

L'enseignement selon lequel nous devons être des artisans et non seulement des auditeurs se trouve aussi en Matthieu 7,21-27 ; Luc 11,28 ; Jean 13,17 ; et Romains 2,13.


Q: Dans Jc 1,25, quelle est la loi parfaite qui donne la liberté ?

R: L'obéissance à Dieu donne la liberté, et c'est là ce que nous sommes censés suivre aujourd'hui. C'est la liberté à l'égard des dépendances, des obsessions et de la peur. Il ne s'agit pas de la Loi mosaïque de l'Ancien Testament, car l'Ancienne Alliance est caduque selon Hébreux 8,13. Mais cette loi consiste à faire ce qui plaît à Dieu. Elle peut se résumer ainsi : « Aime le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée, et aime ton prochain comme toi-même. »


Q: Dans Jc 1,25, tout le monde sait en gros ce qu'est une loi : des restrictions du type « fais ceci » ou « ne fais pas cela ». Comment expliqueriez-vous donc à autrui qu'il s'agit d'une loi qui donne la liberté ?

R: Cela semble être un paradoxe, mais examinons une illustration. Le code de la route, par exemple l'interdiction de rouler à contresens dans une voie, nous permet de nous rendre rapidement d'un lieu à un autre. Oui, les lois sont des restrictions, mais la structure de restrictions dans certains domaines nous donne davantage de liberté pour nous déplacer avec assurance, rapidité et sécurité dans d'autres domaines. L'alcoolique ou le toxicomane, qui ignore la loi de Dieu de ne pas s'enivrer ni s'intoxiquer, et qui est sans cesse en quête de sa prochaine « dose », est moins libre, et non plus libre, qu'une personne qui suit la loi de Dieu en ce domaine.


Q: Dans Jc 1,25, comment sommes-nous bénis en faisant le bien ?

R: Nous ne sommes pas seulement bénis d'une récompense au ciel, mais nous sommes bénis dès maintenant d'une joie à mesure que nous plaisons à Dieu. Cela ne renvoie pas à une bénédiction matérielle, que nous pouvons ou non recevoir.

Il est vrai que, parfois, nous éprouvons de bons sentiments, recevons des récompenses financières et de plus grandes occasions en cette vie lorsque nous aidons autrui. Les gens veulent travailler et s'associer avec ceux qui se soucient d'eux et qui les aideront.

Cependant, il arrive que, lorsque nous aidons et bénissons autrui, nous ne recevions rien de tout cela, voire l'inverse. Mais quoi qu'il en soit, Dieu nous récompense au ciel pour les bonnes œuvres que nous accomplissons sur la terre, avec les bons motifs, selon 1 Corinthiens 3,14.


Q: Dans Jc 1,26 ainsi que Jc 1,19.21, pourquoi Jacques associe-t-il si volontiers la langue et la souillure morale ?

R: Non seulement la langue peut proférer la souillure morale, mais elle est aussi efficace à la propager. Elle peut être une porte ouverte à la communication de lieux où commettre toutes sortes de maux. Jacques souligne l'importance de maîtriser notre langue.

La première étape est un engagement stratégique : nous savons qu'à l'avenir il y aura des choses drôles à dire, ou d'autres choses que nous aurons vraiment, vraiment envie de dire, qui ne seront pas moralement pures, ou qui seront méchantes ou haineuses. Il y aura des choses qui, croyons-nous, devraient absolument être dites si elles sont vraies, mais dont nous ne sommes pas certains qu'elles le sont. Or nous prendrons l'engagement de nous taire, plutôt que de laisser ces propos malsains sortir de notre bouche. Cela peut signifier que nous serons moins drôles, moins persuasifs ou paraîtrons moins profonds, mais nous avons choisi d'être moins de tout cela, pour l'honneur de Dieu par notre langue.

La seconde étape est un point tactique à surveiller à chaque instant. Gardez toujours la bouche close, à moins que n'en sorte quelque chose de bon ou d'édifiant. Si quelque chose de seulement à moitié bon est sur le point de sortir, ne le laissez pas sortir non plus. Proverbes 17,28 dit : « L'insensé même passe pour sage quand il se tait ; celui qui ferme ses lèvres est tenu pour intelligent. » Ou, comme certains l'ont plaisamment dit : « Mieux vaut se taire et passer pour un sot, que d'ouvrir la bouche et ôter tout doute. »


Q: Dans Jc 1,27, certains chrétiens disent qu'ils ne veulent pas être religieux, mais seulement aimer le Seigneur. D'après Jc 1,27, qu'y a-t-il de faux dans cette affirmation ?

R: Peut-être ont-ils eu une mauvaise expérience de ce que l'on a pu appeler christianisme, en sorte qu'ils pensent devoir éviter la religion et le christianisme organisé. La religion peut être toxique ou mauvaise, et il faut éviter une certaine religion. Mais Jacques a dit qu'une certaine religion est bonne. De plus, si vous dénigrez les chrétiens en général, vous rabaissez l'épouse du Christ.


Q: Jc 1,27 dit que nous devons nous garder purs, sans tache du monde. Mais le monde et ses influences sont si souillants ! La télévision, les films, Internet, les amis, les prétendus amis, comment y parvenir ?

R: Comme l'a dit un télévangéliste, la première étape pour servir Dieu consiste à lever le doigt. La deuxième consiste à le tourner pour éteindre la télévision. À mesure que nous renonçons volontairement à tant de télévision, de films et d'Internet, il sera étonnant de constater combien de temps libre nous avons désormais. Ce n'est pas que la télévision, les films et Internet soient mauvais en eux-mêmes, mais ils peuvent être mauvais pour vous si vous y consacrez un temps excessif.

Mais certaines émissions, certains films et certains contenus Internet sont mauvais, et pas seulement une perte de temps. Vous pouvez décider intentionnellement de ce que vous choisissez de ne pas voir ni entendre. Vous pouvez aussi décider intentionnellement que les choses immondes que vous avez entendues, vous ne les répéterez jamais.


Q: Dans Jc 2,1 – 5,6, qu'y a-t-il d'intéressant dans la structure ?

R: En remontant à Jacques 1,18, Jacques met en avant trois caractéristiques de Dieu : a) Son soin des sans-défense, b) Sa parole de vérité, et c) Son dessein de sainteté. Plus loin, Jacques 1,26-27 évoque trois marques de l'enfant de Dieu (en intervertissant les points a et b) : b) une langue maîtrisée, a) un ministère attentif, et c) une vie sainte. Ce que Jacques a mentionné brièvement au sujet de Dieu, puis à notre sujet, il le développe : a) un ministère attentif (Jacques 2,1-16), b) une langue maîtrisée (Jacques 3,1-12), et une vie sainte (Jacques 3,13 – 5,6).


Q: Dans Jc 2,1, pourquoi ne devrions-nous faire aucune distinction de personnes, puisque Dieu fait une distinction contre les incroyants ?

R: Le contexte de Jacques concerne les croyants : nous ne devons favoriser personne parce qu'il est riche ou pauvre. Une raison pleinement suffisante de ne pas faire de favoritisme est simplement que Dieu le commande. Mais au-delà de cette vérité, nous sommes tous faits à l'image de Dieu, et Dieu ne fait aucune distinction quant à notre richesse matérielle, notre origine ethnique, notre sexe ou notre intelligence. Il arrive qu'un chrétien fasse une distinction contre une personne divorcée, alors que le divorce ne lui est nullement imputable.

Curieusement, le mot pour distinction de personnes ici, prosopolempsiais, n'a pas été retrouvé dans la littérature grecque profane ; apparemment, ils n'y songèrent jamais et ne voyaient aucun mal à être partiaux. Cela était universellement tenu pour juste dans la société païenne antique. Quelques siècles plus tard, vers 230 apr. J.-C., il y avait deux catégories de Romains : les « nobles » honestiores et les gens du commun humiliores. Les nobles avaient plus de droits, des peines plus légères, et étaient favorisés dans les procès civils. Les gens du commun pouvaient être brûlés vifs en châtiment, mais non les nobles. Voir The Fathers of the Church : Origen on Psalms, p. 393, pour plus de renseignements à ce sujet.

Le terme hébreu correspondant signifie littéralement « recevoir le visage », c'est-à-dire l'acceptation ou un meilleur traitement du seul fait de savoir qui est la personne. L'Ancien Testament s'élevait lui aussi contre la partialité ; ce n'était donc pas une nouveauté introduite par Jacques. Jésus dit également expressément que les pauvres étaient bénis en Luc 6,20. Plus tard, Paul dit lui aussi que Dieu ne fait point acception de personnes, en Romains 2,11.

L'impartialité à l'égard de la richesse n'est pas synonyme d'aveuglement à l'égard de tout. Jacques 2,1 se sert de l'exemple de la richesse, et Galates 3,28 montre que nous ne devons pas faire de distinction fondée sur la race ou le sexe. Cependant, nous devons exclure de l'Église les individus vivant dans des péchés impénitents tels que l'inceste (1 Corinthiens 5,2).

Les « beaux » vêtements, lampra en grec, désignent des vêtements riches ou de personnage noble. Les « vêtements sordides » désignent ici les vêtements que porterait un pauvre.


Q: Dans Jc 2,1-3, comment la description que Jacques fait de la discrimination ou du favoritisme s'applique-t-elle à bien des contextes actuels ?

R: Le favoritisme peut être manifeste s'il concerne une fonction publique. Il peut aussi être plus subtil si la sélection se fonde sur le favoritisme. Les gens obtiennent-ils quelque chose dans une église s'ils font de gros dons ? Fait-on des faveurs à ceux qui peuvent donner davantage ? Dans une bonne église, cela n'arrive pas.

La discrimination peut aussi se fonder sur la race, l'origine ethnique ou la langue.

La discrimination n'est pas toujours malveillante. Elle peut être tout à fait involontaire, comme le montre Actes 6,1 dans la distribution de nourriture aux veuves de langue grecque. Elle peut relever du snobisme, ou de « distinctions de caste » implicites, ce qui n'est pas malveillant mais reste laid. Elle peut aussi se fonder sur de mauvaises choses qu'on nous a enseignées. Nous pourrions, à tort, justifier notre désir de « protéger » certaines catégories de gens en les empêchant de se trouver dans certaines situations, alors qu'en réalité nous les discriminons. La discrimination peut avoir un but (malveillant, ou bien intentionné mais malavisé), ou bien être totalement dénuée de sens, comme dans le Sud, avec des toilettes séparées selon la race, ainsi que le montre bien le film Les Figures de l'ombre. Si votre église est majoritairement d'une seule race ou d'un seul groupe ethnique, et que quelqu'un de différent y entre, veillez-vous à ce qu'il se sente le bienvenu dans la maison de Dieu ? Et s'il venait chez vous ?

Si vous découvrez de la discrimination dans votre cœur, ou si vous voulez vous assurer de n'avoir aucune discrimination cachée, une étape pour la surmonter consiste à avoir des amis de ce milieu. Si vous vous découvrez mal à l'aise, ou effrayé par « ce genre de gens », vous devez décider si vous accordez plus de prix à votre confort, ou à votre sécurité perçue, qu'à l'obéissance à Dieu. Si vous avez plus de mal à comprendre quelqu'un à cause de son accent, devriez-vous renoncer à une amitié avec lui, ou faire un effort, peut-être avec des amis communs ou un logiciel de traduction, pour communiquer ? Lorsque vous écoutez assez longtemps quelqu'un dont l'accent vous est difficile à comprendre, vous acquérez peu à peu la capacité de le comprendre, lui, mais aussi cet accent en général.

Mais quelle que soit la forme de discrimination ou de préjugé, Dieu ne veut pas que nous fassions de discrimination, en aucune manière. Dans le Christ, il n'y a ni Juif ni Grec, esclave ni libre, homme ni femme, selon Galates 3,28. Mais parce qu'il est possible de discriminer sans même s'en rendre compte, nous avons tous besoin de nous examiner activement et de nous assurer qu'il n'existe pas quelque contexte où nous pourrions involontairement en être coupables.


Q: Dans Jc 2,1-3, que faire si quelqu'un vient à l'église et que vous savez qu'il est en situation irrégulière dans le pays ?

R: Tout d'abord, considérez pourquoi cette personne est en situation irrégulière. Pour certains, c'est leur propre choix de franchir la frontière. Mais je connais un adulte, amené aux États-Unis depuis le Mexique alors qu'il n'avait que quelques mois. Aux yeux du gouvernement, c'est un « étranger connu », et il a vécu en Amérique toute sa vie, hormis de brefs séjours au Mexique. Le Mexique ne veut pas l'accueillir, car il ne le considère pas non plus comme citoyen mexicain. Il y a quelque temps, une « amnistie » fut accordée aux « dreamers », mais son arrivée en Amérique était postérieure à la date limite de l'amnistie. Il peut donc travailler ici, mais il ne peut occuper un emploi exigeant une carte de sécurité sociale.

J'ai entendu parler d'une autre personne qui, chaque semaine, entrait illégalement aux États-Unis par le poste-frontière. Les gardes-frontières américains savent qui il est et le laissent simplement passer. Il travaille aux États-Unis, juste de l'autre côté de la frontière. À la fin de chaque semaine, il repasse le poste-frontière pour rentrer au Mexique. Bien des pays ont des personnes dans cette situation ; on les appelle des travailleurs invités. Ce n'est pas un concept rare, mais nos lois doivent être améliorées pour pouvoir gérer légalement cette situation. Certains se soucient tant de tous les étrangers en situation irrégulière que nous ne remarquons presque pas les Chinois et les Russes qui entrent illégalement depuis le Mexique et tentent d'espionner nos bases militaires, prétendant s'être perdus et chercher simplement un hôtel ! Le gouvernement se contente en somme de les avertir, de les mettre à l'amende et de leur demander de ne pas revenir. Nous avons bien d'autres soucis, avec tous les autres étrangers en situation irrégulière qui cherchent simplement à travailler.

Mais qu'une personne soit ici illégalement, ou quelle que soit la manière dont elle y est venue illégalement, nous devons lui accorder autant de valeur qu'aux autres, tous faits à l'image de Dieu. Nous pouvons encore l'aimer, comme nous devons aimer tout le monde, même si nous pouvons souhaiter qu'il n'y en ait pas tant ici à prendre les emplois des Américains.


Q: Ainsi, dans Jc 2,1-3, devrions-nous jamais faire de la discrimination à l'église ?

R: Dans deux cas, étonnamment, oui ! Premièrement, si quelqu'un se dit chrétien et persiste dans un péché flagrant, en 1 Corinthiens 5,1-13.

Deuxièmement, si quelqu'un vient enseigner une hérésie qui perd les âmes, il nous est commandé de ne pas même le recevoir dans notre maison, en 2 Jean 9-11 ! Puisque l'Église primitive était généralement constituée d'églises de maison, il ne pourrait jamais y entrer.

Mais dans les autres cas, non.


Q: Dans Jc 2,1-3, pourquoi Jacques emploie-t-il ici le mot « synagogue » ?

R: Jacques fut rédigé très tôt, et, comme le montrent les voyages de Paul, les chrétiens étaient à cette époque les bienvenus dans les synagogues juives. La stricte séparation entre synagogue et église ne vint qu'après Paul. Le mot pour assemblée ici, synagogue, désigne d'ordinaire un rassemblement juif. Mais, même après cette époque, les chrétiens employèrent parfois le mot « synagogue » pour désigner une assemblée chrétienne. Ainsi, l'Épître d'Ignace à Polycarpe 4,2, p. 94, mentionne le fait de « faire synagogue » ensemble. Ignace appelle les presbytres « le Sanhédrin de Dieu » et parle de la « synagogue des apôtres » dans l'Épître aux Tralliens, ch. 3, p. 67, ainsi que dans le Pasteur d'Hermas, Onzième commandement, p. 28. Les Juifs avaient deux noms pour une synagogue : « maison d'assemblée » et, en araméen, « maison du peuple », selon Shabbath 32a.


Q: Dans Jc 2,4-9, quelles raisons Jacques donne-t-il pour lesquelles nous ne devrions pas faire de favoritisme ?

R: Tout d'abord, Jacques introduit ici un jeu de mots. Juges se dit kritai en grec, et « avez fait des distinctions » se dit diekrithete en grec. Bien souvent, lorsque vous endossez le rôle de juge, vous devenez un discriminateur. Voici précisément quelques raisons données de ne pas être un discriminateur.

1) Faire acception de personnes fait de vous un juge aux pensées mauvaises (Jacques 2,4).

2) Cela peut s'opposer à l'attitude de Dieu. Dieu a souvent choisi les pauvres pour être riches en foi et héritiers du royaume (Jacques 2,5).

3) Le pauvre que vous déshonorez pourrait être riche en foi et particulièrement honoré de Dieu (Jacques 2,5-6a).

4) Cela déshonore le pauvre (Jacques 2,6a).

5) Les riches ont souvent opprimé les pauvres, les traînant devant les tribunaux, et blasphèment Dieu (Jacques 2,6b). De fait, bien des attaques actuelles contre le christianisme émanent de personnes instruites et financièrement à l'aise.

6) Les riches, par leurs paroles et leurs actes, blasphèment le nom chrétien dont nous sommes appelés ; autrement dit, par leur vie, ils déshonorent le mot « chrétien » (Jacques 2,7).

7) Nous commettons un péché en manquant à la « loi royale » d'aimer notre prochain comme nous-mêmes, en Jacques 2,8-9.


Q: Dans Jc 2,4-9, quelles sont au moins douze manières de nous assurer que nous ne faisons pas de favoritisme ?

R: Nous pouvons nous examiner. Voici quatre choses ; il y en a probablement d'autres.

1) Honorer tous comme plus importants que vous-mêmes, comme le dit Philippiens 2,3.

2) Traiter les pauvres comme vous traitez les riches, et les riches comme vous traitez les pauvres.

3) Nous devrions désirer ne pas profiter d'autrui, même lorsque cela pourrait être facile ou culturellement admis.

4) Ne pas traiter quelqu'un différemment parce qu'il est d'une origine ethnique, d'une culture différente, homme ou femme, ou pour des choses superficielles.

5) Traitons-nous quelqu'un différemment, profitons-nous de lui, ou lui accordons-nous un moins bon marché, s'il a un accent prononcé ou des difficultés à parler notre langue ?

6) Sommes-nous plus aimables et plus indulgents envers quelqu'un de notre propre origine ethnique qu'envers un autre ?

7) Comprendre que l'on ne peut rien savoir du cœur d'une personne d'après son apparence extérieure.

8) Évitons-nous les personnes atteintes d'un handicap physique ou mental parce que nous pourrions nous sentir mal à l'aise ?

9) Nous devons respecter les aînés, mais ne mépriser personne à cause de son âge (vieux ou jeune).

10) Par exemple, préférons-nous côtoyer les personnes âgées plutôt que les jeunes (ou inversement) ?

11) Accueillons-nous les personnes différentes de nous aussi volontiers que celles qui nous ressemblent ?

12) Ne pas être condescendant envers certains groupes.

En tous ces domaines, nous ne devrions pas être inconséquents.


Q: Dans Jc 2,5-7, pourquoi Jacques semble-t-il faire de tels stéréotypes des riches et des pauvres ?

R: Certains riches peuvent être très généreux et chaleureux. Certains pauvres peuvent être très avides d'argent et pingres. Mais dans l'ensemble, il y a plus d'occasions, et donc plus de tentations, pour les riches de tirer parti de leur situation. De même, dans l'ensemble, les pauvres disposent de moins de ressources financières pour se défendre devant les tribunaux.


Q: Dans Jc 2,6, comment les riches s'en tirent-ils mieux au tribunal ?

R: Le terme que Jacques emploie ici, katadynasteuo, signifie priver de leurs droits. Voici un exemple venu de l'Inde. « Il s'agit d'A*** et d'A****, deux professionnels des technologies de l'information qui rentraient chez eux à Pune le 19 mai lorsqu'une Porsche non immatriculée, roulant à 150 km/h à Kalyani Nagar, les percuta. L'un d'eux mourut sur le coup, et l'autre pendant les soins médicaux. Le conducteur de la voiture était un mineur de 17 ans, rentrant prétendument d'une boîte de nuit après avoir fait la fête avec des amis pour célébrer leurs résultats de terminale.

Pourquoi il ne s'agit pas d'un simple accident mais d'un homicide :

1. La voiture n'était pas immatriculée ; le concessionnaire l'avait livrée sans immatriculation.

2. Les parents avaient laissé un mineur conduire sans permis.

3. Le patron de la boîte de nuit avait servi de l'alcool et admis un mineur.

4. La police routière n'avait pas remarqué, pendant des mois, une voiture non immatriculée et roulant à vive allure.

Lorsque le mineur fut arrêté à minuit, il reçut un traitement de faveur. Un député local vint à sa rescousse, avec une équipe d'avocats.

Tandis que les gens du commun subissent des retards dans leurs affaires, ce mineur obtint une remise en liberté sous caution un dimanche, en 14 heures seulement. La condition de la caution était qu'il rédige une dissertation, et que ses parents veillent à ce qu'il ne récidive pas.

Quand la loi est la même, pourquoi les gens privilégiés sont-ils traités différemment ? » Quelqu'un d'autre, venu de Bulgarie, dit qu'il en allait de même là-bas. (Tiré de LinkedIn, 27/05/2024.)


Q: Dans Jc 2,10, comment enfreindre un seul point de la loi signifie-t-il que nous sommes coupables de l'avoir enfreinte tout entière ?

R: Trois points à considérer dans la réponse.

a) C'est « la loi » qui est enfreinte, et non « une loi », comme si Jacques disait simplement cela.

b) Il s'agit d'une « loi royale ». Non seulement Jésus, notre Roi, l'a commandée directement, mais Jésus a dit que c'était l'une des deux lois dont dérivent les autres. Jacques place ce péché, celui de l'acception de personnes, aux côtés de l'adultère et du meurtre. La loi ne fut pas donnée de façon sélective, et aujourd'hui nous sommes censés lui vouer une obéissance complète, et non partielle, afin d'accomplir tout ce que Dieu veut nous voir faire, ou nous abstenir de faire.

c) La pensée du « tout ou rien » à l'égard de la loi se trouve aussi en Matthieu 5,18-19 ; 23,23 et Galates 5,3 dans le Nouveau Testament. Comme le dit Alec Motyer, la loi n'est pas comme un tas de pierres, mais plutôt comme une plaque de verre. Vous pouvez retirer une pierre d'un tas, le tas subsiste. Mais si vous frappez une plaque de verre en un seul endroit et la brisez, alors la plaque entière est fêlée ou fracassée.


Q: Dans Jc 2,10-11, quelle tendance naturelle Jacques contre-t-il ?

R: Nous tendons à vouloir mettre en avant comme important ce que nous faisons bien, et à minimiser comme sans importance ce que nous faisons mal. L'homme déchu n'est que trop habile à rationaliser, ou à inventer des raisons d'apparence logique pour excuser son péché. Il est facile de le voir chez les autres, mais il est facile de le négliger chez soi-même.


Q: Dans Jc 2,10-11, pourquoi Jacques songerait-il à placer cette partie ici, juste après avoir parlé du favoritisme et de la discrimination ?

R: Imaginez que vous soyez jugé devant un tribunal pour vol, et que vous disiez au juge : « au moins, je n'ai enfreint aucune règle du code de la route ! » Jusqu'où cela vous mènerait-il ? Jacques, d'une manière plutôt appuyée, fait valoir un point précis, mais de façon indirecte. Même si vous observez une partie de la loi, vous l'enfreignez si vous en enfreignez une partie. Il parle du meurtre et de l'adultère, évidents pour ses lecteurs, mais il le fait juste après avoir parlé de l'infraction à une autre loi : l'absence d'acception de personnes. Jacques dit à ses lecteurs que si vous observez les commandements de Dieu sur le meurtre, l'adultère et tout le reste, et que néanmoins vous faites de la discrimination, il existe un mot pour quelqu'un comme vous : vous êtes un transgresseur de la loi.


Q: Dans Jc 2,12, qu'est-ce exactement que la « loi de la liberté » ?

R: Il ne s'agit pas d'une loi précise, mais plutôt « liberté » est une description de ce que l'obéissance à Dieu opère aujourd'hui pour nous. Jésus a supplanté la Loi de l'Ancien Testament, mais cela ne signifie pas que nous vivons désormais comme bon nous semble. Dieu a mis Sa loi dans nos cœurs, et nous suivons maintenant ce que Jésus et le Nouveau Testament commandent.


Q: Dans Jc 2,12, la loi apporte-t-elle la liberté, ou la servitude comme le dit Ga 4,24 ?

R: La loi mosaïque, qu'ils ne pouvaient pleinement observer, servait à illustrer leur besoin du pardon de Dieu. La suivre pleinement aurait été la liberté à l'égard du péché, mais la connaître et manquer à l'observer n'apportait que la servitude et la conscience que l'on reste en deçà. Si vous savez ce qui est bien, et que vous manquez à le faire, alors, pour vous, c'est un péché, comme le dit Jacques 4,17. Aujourd'hui, nous suivons la loi de l'obéissance au Christ, qui nous donne la liberté à l'égard de la servitude du péché.


Q: Dans Jc 2,13, que disait le judaïsme au sujet de la miséricorde et du jugement ?

R: Dieu prononce le jugement, mais Dieu prend plaisir à faire miséricorde, comme le dit Michée 7,18-19. Nous voyons la miséricorde de Dieu en Jésus mourant sur la croix pour nous « en vue de la joie qui Lui était proposée » en Hébreux 12,2. Le rabbin Barabbi disait : « À celui qui est miséricordieux envers les créatures, le Ciel est miséricordieux, mais à celui qui est sans miséricorde envers les créatures, le Ciel est aussi sans miséricorde. »

Cette pensée se trouve aussi en Siracide 27,30 – 28,7 ; Tobie 4,9-11 ; Testament de Zabulon 8,3 et b. Shabbath 151b.


Q: Dans Jc 2,13, de quelles manières notre vie devrait-elle montrer que nous croyons que la miséricorde l'emporte sur le jugement ?

R: Pour notre part, nous croyons que la grâce et la miséricorde de Dieu sont plus grandes que tous nos péchés. Nous devons pouvoir nous pardonner à nous-mêmes. Deuxièmement, nous nous sommes engagés envers autrui à étendre le pardon et la miséricorde comme Dieu nous les a donnés.


Q: Dans Jc 2,13, que devriez-vous faire si vous soupçonnez qu'un autre croyant semble faire de la discrimination contre un groupe ?

R: Premièrement, soyez ouvert au fait que vous pourriez vous tromper. Deuxièmement, comprenez que, même s'il pèche en faisant de la discrimination, il peut ne pas s'en rendre compte, et peut même le nier lorsque vous l'abordez. Troisièmement, priez pour savoir comment Dieu voudrait que vous réagissiez. Il doit voir que :

a) Soit il fait réellement acception de personnes, soit il donne imprudemment l'apparence de le faire.

b) La gravité de ce péché, comme le montre Jacques 2,1-13.

c) Les étapes suivantes pour se repentir et, si possible, réparer.

d) La restauration : que vous l'aimez, et qu'il doit aimer tous les autres.


Q: Dans Jc 2,14-26, comment cette partie se rattache-t-elle à la première partie du chapitre 2 ?

R: Elle s'y rattache de deux manières. Jacques 2,1-13 traite d'un manque de mise en pratique à l'égard d'un péché précis, le favoritisme, tandis que cette partie l'élargit au péché en général. Deuxièmement, de même que vous ne devez pas faire acception de personnes et être aimable envers quelques-uns seulement, vous ne devriez pas être partiel dans votre foi, accomplissant quelques bonnes œuvres et refusant d'obéir pour le reste.


Q: Dans Jc 2,14-17, quelles sont au moins deux manières par lesquelles on peut avoir une foi qui ne sauve pas, sans œuvres ?

R: Une manière est de croire à la vérité de Dieu et de croire les bonnes choses, mais sans Lui confier sa vie. Certains ont appelé cela l'« athéisme pratique ». Bien qu'une telle personne croie réellement en Dieu, en pratique, dans sa conduite, elle agit comme si elle était athée. Jacques dit qu'une foi sans nul désir de l'action des œuvres n'est pas la foi de quelqu'un qui va au ciel. Dans la galerie de la foi en Hébreux 11, la foi fut démontrée par les actes.

Une seconde manière est d'avoir confiance en un faux dieu et de rejeter le Dieu de la Bible. On peut même avoir beaucoup d'actes – massacrer des païens, la satî, se laisser mourir de faim, etc. –, mais rien de tout cela ne saurait sauver.

Notre foi du Christ n'est pas très importante ; ce qui importe, c'est plutôt notre foi EN Christ.


Q: Dans Jc 2,14-25, comment sommes-nous justifiés par les œuvres aussi bien que par la foi, et non par la foi séparée des œuvres comme Paul l'a dit en Ep 2,8-9 ?

R: Jacques ne dit pas que la foi et les œuvres sont une même chose ; il ne dit pas non plus qu'elles ont le même rôle. Mais ce qu'il affirme avec force, c'est que dans la vie d'un croyant véritable, elles sont inséparables. Pour être précis, Jacques n'a pas dit « si quelqu'un a la foi », mais plutôt « si quelqu'un dit qu'il a la foi ». Les œuvres sont un sous-produit, un fruit de la foi véritable. Certains pourraient être comme le brigand sur la croix, et recevoir le Christ juste avant de mourir. Cependant, d'autres manifesteront de bonnes œuvres s'ils sont véritablement sauvés en premier lieu.

De nombreuses religions païennes, autrefois comme aujourd'hui, offrent une spiritualité sans la moindre exigence morale. Il serait donc relativement aisé pour un païen de se méprendre sur le christianisme et d'y voir une religion comme les autres.

C'est un sujet complexe ; aussi, aux versets 15-26, Jacques l'explique par quatre illustrations. Les deux premières sont des exemples de ce que la foi n'est pas, et les deux dernières des exemples de ce que la foi est.

Le salut par les œuvres est l'erreur selon laquelle il faut accomplir de bonnes œuvres pour être sauvé en premier lieu. Le « croyantisme facile » est l'erreur inverse, selon laquelle les œuvres n'ont rien à voir avec le salut, et les œuvres comme la seigneurie du Christ sont facultatives. La vérité est que les œuvres ne méritent rien à l'égard du salut, mais qu'elles en sont une part normale, en tant que fruit. De même qu'un cœur qui bat est un signe que la personne est vivante, les œuvres sont un signe que nous sommes sauvés et spirituellement vivants.


Q: Dans Jc 2,16, cette formule laisse-t-elle entendre qu'ils étaient déjà bien nourris ?

R: Non, c'était en grec une formule d'adieu juive courante. Elle NE signifie PAS qu'ils étaient déjà au chaud et rassasiés.


Q: Dans Jc 2,17-26, que diriez-vous à une personne qui affirmerait : « nous n'avons plus de loi, nous n'avons que la liberté dans le Christ » ?

R: Deux mots : lisez Jacques. Elle a en partie raison, en ce que nous ne sommes pas sous la Loi mosaïque, et que nous avons la liberté dans le Christ, celle de faire ce qui est bien. Cependant, tous les Dix Commandements, sauf un (le sabbat), sont repris dans le Nouveau Testament. Certaines choses sont même plus exigeantes (comme le divorce) dans le Nouveau Testament que dans l'Ancien. Ne mettons pas dans la bouche de Dieu, dans l'Écriture, des propos qui vont en réalité à l'encontre de ce que Dieu Lui-même dit dans l'Écriture.

Il y eut un groupe, et un personnage célèbre, qui avaient cette vue erronée. Le groupe s'appelle les Khlysts, et son membre le plus célèbre fut Raspoutine. Lorsqu'on demanda à Raspoutine pourquoi il disait que le péché est indispensable devant Dieu, Raspoutine répondit : « Certes, petit père, dit-il, notre Sauveur et les saints Pères ont dénoncé le péché, puisqu'il est l'œuvre du Malin. Mais comment chasser le mal, petit père, sinon par un repentir sincère ? Et comment te repentir sincèrement, si tu n'as pas péché ? … Arrière tes Écritures ! tonna-t-il. Les Écritures ! En vérité, je t'avertis, petit père, cesse ce labeur vain et inutile afin de te tenir devant le Seigneur. Prends la vie telle qu'elle est, car elle seule t'est donnée par Dieu. Et laisse-moi te dire ceci. Ne rumine pas sans cesse d'où vient le péché, combien de prières un homme doit dire par jour, et combien de temps il doit jeûner pour échapper au péché ! Pèche, si le péché est encore tapi en toi ; ce n'est qu'ainsi que tu pourras le vaincre ! Pèche, puis tu te repentiras et chasseras le mal de toi. Tant que tu porteras le péché secrètement en toi, et le couvriras craintivement de jeûne, de prière et d'éternelles discussions sur les Écritures, tu resteras un hypocrite et un vaurien, et de tels hommes sont haïssables au Seigneur. Il faut expulser l'ordure, entends-tu, petit père ? Alors seulement ton parfum sera-t-il agréable au Seigneur ? » (Raspoutine : The Holy Devil, p. 54-55.)


Q: Dans Jc 2,19, puisque les démons croient en Jésus, devraient-ils être sauvés, puisqu'il suffit de croire en Jésus, selon Ac 16,31 et Jn 3,16 ?

R: Certainement pas. Le point de Jacques est que croire intellectuellement les bonnes choses est, en soi, insuffisant pour être sauvé. Selon Berachoth 1,1, les Juifs, dès l'époque de l'Exil et plus tard, tenaient pour un devoir de réciter le shema (Deutéronome 6,4-5) chaque matin. Comme le dit le Believer's Bible Commentary, p. 2229 : « Les démons croient le fait, mais ils ne se soumettent pas à la Personne. » Nous devons, nous aussi, placer notre confiance en Dieu.


Q: Dans Jc 2,21-24, Abraham fut-il justifié par les œuvres, ou justifié par la foi, en Rm 4,1-4 et Rm 3,28 ?

R: Comme le montre Romains 4,1-4, Dieu déclara Abraham justifié par la foi avant qu'il ne fût disposé à sacrifier Isaac, ce qui survint environ trente ans plus tard. Mais la disposition d'Abraham montra que Dieu avait œuvré dans son cœur. Certains pensent que la vie est bien facile une fois que l'on croit en Dieu. Abraham qualifierait cela de mensonge. C'est une décision très difficile que de résoudre de sacrifier son propre fils, parce que Dieu l'exigeait. En tant que chrétiens, nous savons que Dieu ne nous commanderait jamais de sacrifier quelqu'un ni d'aller à l'encontre des commandements scripturaires qu'Il a donnés. Mais il se peut que nous ayons encore à prendre des décisions difficiles en Le suivant.


Q: Dans Jc 2,21-24, puisque personne d'autre n'était présent, à qui Abraham justifiait-il sa foi ?

R: Bien que les hommes qui accompagnaient peut-être Abraham et Isaac se soient tenus à quelque distance, ils ne sont pas présents ici.

Abraham justifiait avant tout sa foi devant Dieu. Bien entendu, Abraham lui-même le vit, de même qu'Isaac (avec un grand intérêt, dois-je ajouter). De même, les anges et les démons le virent aussi. Et, à travers les pages du temps, tous les fidèles de Dieu ont vu l'exemple saisissant d'obéissance et de foi d'Abraham.


Q: Dans Jc 2,22, qu'est-ce qui est le plus important, la foi ou les œuvres ?

R: Qu'est-ce qui est le plus important, être vivant ou avoir un battement de cœur ? On peut placer des électrodes sur le cœur d'un mort et le faire battre. Mais normalement, un battement de cœur est la preuve qu'une personne est vivante. Vous dites avoir une foi véritable. Voyons-en les preuves. Si vous n'avez aucune preuve, alors on peut se demander si vous avez une foi véritable, ou une foi qui ne vaut pas mieux que toutes les autres, celles des hommes et des démons, en route vers l'enfer.


Q: Dans Jc 2,25, en quoi l'expérience de Rahab la Cananéenne contrasta-t-elle avec celle d'Abraham ?

R: Abraham était un ancêtre majeur et fort respecté dans la Bible ; Rahab était une étrangère mineure et de mauvaise réputation. On demanda à Abraham d'accomplir des choses qui paraissaient insensées : partir de l'une des cités les plus puissantes du monde de l'époque, et résoudre d'obéir à Dieu en sacrifiant son fils Isaac, en Genèse 22,1-14. Il put s'écouler de 8 à 30 ans entre le moment où Abraham fut déclaré juste et celui où il accomplit cet acte. Mais Abraham, un homme juste, ne retint rien et obéit à Dieu.

Rahab était différente ; elle était une prostituée, un métier immoral. Elle n'avait pas besoin de beaucoup de foi pour voir que la grande armée israélite annonçait probablement la ruine de Jéricho. Mais Rahab devait croire que Dieu l'accepterait, et Rahab agit selon sa foi en risquant sa vie pour cacher les deux espions israélites. Parfois notre foi doit relever le défi de se demander : « Dieu protégera-t-Il ou défendra-t-Il ? » D'autres fois, notre foi doit relever le défi de se demander : « Dieu protégera-t-Il ou défendra-t-Il même moi ? »


Q: Dans Jc 2,25, tandis qu'Abraham ne retint rien, pas même ce qui lui était le plus précieux, dans son service de Dieu, quelles sortes de choses les chrétiens d'aujourd'hui retiennent-ils, qui les empêchent de servir Dieu pleinement ?

R: Ce peut être une relation dans laquelle un chrétien sait qu'il ne devrait pas être, un emploi qui compromet son obéissance à Dieu, ou le renoncement aux richesses. Ce peut être le fait d'exalter le confort, ou la sécurité, au-dessus du service de Dieu. Les gens peuvent avoir la peur de l'échec, la peur de mal paraître, la peur de manquer quelque chose (FOMO), ou la peur d'être mal à l'aise.

La peur peut vous empêcher de rien faire. Nous ne devrions pas chercher à limiter Dieu en Lui disant que nous voulons d'abord tout voir et tout comprendre de ce qui se passe. Comme le dit un enseignant de la Bible, nous devrions ne pas être offensés par l'inexpliqué.


Q: Dans Jc 2,26, on pourrait comparer la foi à l'esprit, et les œuvres au corps, mais Jacques emploie l'analogie inverse. Pourquoi, selon vous, en est-il ainsi ?

R: Il faut avoir un corps pour être sur cette planète, et il faut croire (ou avoir la foi) pour être enfant de Dieu. Mais si vous êtes ici-bas sur cette terre, votre esprit est présent dans votre corps. Si votre foi est spirituellement vivante, vous avez des œuvres. Mais de même qu'un corps sans l'esprit n'est qu'un cadavre en décomposition, une foi intellectuelle sans œuvres est un cadavre en décomposition, quoique orthodoxe.


Q: Dans Jc 3,1, puisque les chrétiens n'ont pas à redouter le jugement du Grand Trône blanc, pourquoi les enseignants chrétiens doivent-ils se soucier d'être jugés plus sévèrement ?

R: Les croyants sont jugés par le Christ au tribunal du bêma en 1 Corinthiens 3,12-15. Les enseignants peuvent être jugés pour avoir enseigné à autrui de fausses choses. Ils sont aussi jugés pour avoir égaré des gens, ou pour un pastorat négligent.

Matthieu 12,36-37 dit que nous serons jugés pour toute parole vaine que nous prononçons. Proverbes 10,19 dit que quand les paroles abondent, le péché n'est pas absent. Proverbes 30,5-6 souligne combien il est important de ne rien ajouter aux paroles de Dieu.


Q: Dans Jc 3,1, quelles sont quelques bonnes et mauvaises raisons pour lesquelles les gens veulent tout de même enseigner ?

R: De bonnes raisons sont que Dieu vous a appelé à enseigner, que vous voulez aider autrui, et, secondairement, que vous apprendrez davantage vous-même si vous enseignez.

Une mauvaise raison est de penser que vous serez tenu pour important aux yeux de Dieu et admiré des autres. D'autres mauvaises raisons sont d'être au-dessus des autres, de se faire valoir, d'échapper à l'examen (ce que Jacques 3,1 dit que vous ne ferez pas), ou parce que vous vous croyez meilleur ou plus important que les autres. Mais Dieu vous aime pareillement, que vous enseigniez ou non. Dieu veut que vous Le serviez de la manière dont Il vous a fait pour Le servir, que ce soit d'une manière relativement en vue, comme l'enseignement, ou d'autres manières.

Lorsque vous enseignez, vos ambitions pour vous-même sont-elles dans la volonté de Dieu ? – question piège. Si vous avez une ambition égoïste, vous le faites avec de mauvais motifs. Au contraire, si quelqu'un d'autre donne un bon enseignement, ou si vous donnez un bon enseignement, vous devriez en être également satisfait.


Q: Dans Jc 3,1, comment les enseignants sont-ils jugés avec plus de rigueur ?

R: Ils sont jugés d'au moins quatre manières :

La parole : Proverbes 10,19 dit que quand les paroles abondent, le péché n'est pas absent. Matthieu 12,36-37 dit que nous sommes jugés pour toute parole vaine que nous prononçons. On peut pécher moins en parlant moins ; mais les enseignants doivent parler. Si vous enseignez de fausses choses, ou même si vous enseignez vos propres opinions comme la Parole de Dieu, alors vous péchez en enseignant.

Autrui : tous les chrétiens doivent être le sel et la lumière du monde (Matthieu 5,13-16 ; Philippiens 2,14-15), et les responsables doivent être des modèles pour le troupeau (1 Pierre 5,3). Les anciens qui pèchent doivent être repris publiquement (1 Timothée 5,19-20).

Dieu : plus important encore, Dieu juge les gens selon ce qu'ils savent. Les chrétiens n'ont rien à redouter au jugement du Grand Trône blanc, car le sang de Jésus a payé le prix de leurs péchés. Cependant, les chrétiens ont un second jugement, souvent appelé le jugement du bêma, mentionné en 1 Corinthiens 3,10-15, où Dieu jugera les œuvres de chaque chrétien et le récompensera en conséquence.

Soi-même : les enseignants peuvent être tentés de penser : « parce que j'ai tant appris, je peux me relâcher sur d'autres choses, comme la prière, la sainteté ou l'amour d'autrui. » Cependant, connaître un grand nombre de faits ne signifie pas nécessairement un grand amour de Dieu ni une grande obéissance envers Lui.

1 Corinthiens 8,1 nous avertit que la connaissance enfle, mais que l'amour édifie.


Q: Dans Jc 3,1-8, pourquoi Jacques voit-il, selon vous, une transition naturelle entre Jc 3,1-2 et Jc 3,3-6 ?

R: Jacques a à l'esprit que nous bronchons tous. Même de petits problèmes de langue peuvent provoquer chez autrui un vaste embrasement de péché. De plus, il arrive qu'en l'absence de bonnes œuvres il y ait une abondance de paroles inutiles. Jacques prend les péchés de la langue extrêmement au sérieux. En Matthieu 12,36-37, Jésus fait de même.


Q: Dans Jc 3,2, que signifie parfait ici ?

R: C'est le même mot grec qu'en Jacques 1,4 et 2,22. Il signifie qu'une chose ou une personne a atteint la maturité, ou est complète. Les deux sens du mot « parfait » sont employés en Philippiens 3,12.15.


Q: Dans Jc 3,3-8, quelles sont les similitudes communes concernant la langue dans le mors, le gouvernail, le feu, l'animal sauvage et le poison mortel ?

R: Une grande puissance à partir d'une petite taille. Un mors maintient un cheval dans sa course en maîtrisant sa puissance interne. Un gouvernail maintient un navire dans sa course en maîtrisant l'angle de la puissance externe qui frappe le navire. Un tout petit feu peut se muer en un puissant brasier, et ce qui est brûlé ne peut jamais être rétabli. Une infime quantité de poison mortel peut suffire à tuer. Mais, du côté positif, vous pouvez glorifier Dieu par ce que vous ne dites pas aussi.

Jacques se soucie beaucoup de nos langues ; il les mentionne aussi en Jacques 1,19.26 ; 2,12 ; 4,11 ; 5,12. Des paroles imprudentes peuvent nuire à un mariage, briser une carrière ou ruiner un ministère. Un poison mortel peut être en grande partie bon à manger ; ce n'est que le faible pourcentage qui est mauvais, et fatal.


Q: Dans Jc 3,3-5, pourquoi Jacques compare-t-il, selon vous, la langue à un mors ou au gouvernail d'un navire ?

R: On peut diriger de grandes choses au moyen d'un objet de petite taille. Un mors représente moins d'un pour cent du poids d'un cheval, mais son emploi stratégique peut contraindre le cheval à aller dans une direction précise. De même, un gouvernail est plutôt petit et d'apparence insignifiante, et il faut du temps et de la patience pour l'utiliser, mais on ne peut diriger un navire sans lui. Selon le Believer's Bible Commentary, p. 2231, le paquebot Queen Elizabeth pesait 83 673 tonnes brutes, mais le gouvernail ne pesait que 140 tonnes brutes. Le gouvernail ne représentait donc qu'environ 0,5 % du poids total.


Q: Dans Jc 3,3.12 ; 1,19, lorsqu'une personne est trop bavarde, que ce soit par la fréquence ou par les mauvaises choses qui en sortent, comment le lui dire d'une manière qui lui fasse entendre le message, sans l'offenser ?

R: Parfois, il n'y a d'autre moyen que d'offenser une personne, et c'est bien, car il se peut qu'elle ait besoin d'être offensée, quoique ce ne soit pas le cas la plupart du temps. Il est plus facile de le dire à quelqu'un avec qui vous avez déjà une relation, qui sait que vous l'aimez, l'estimez et le respectez, qu'à un étranger. Il doit voir ce qu'il doit faire et cesser de faire, la gravité de la chose, et l'espérance d'une bonne relation une fois qu'il l'aura fait. Souvenez-vous qu'il est difficile de jeter de la boue sans s'en mettre soi-même sur les mains, et sur le cœur.

Un chrétien avait une manière singulière de traiter avec les gens qui juraient beaucoup. Il en riait. Puis il leur demandait en plaisantant : « alors, dites-moi ce que vous ressentez vraiment. » Il donnait un peu l'impression de n'avoir même pas prêté attention aux mots que la personne avait dits, mais lui offrait une seconde occasion de s'exprimer d'une manière convenable. Une autre approche consiste simplement à appeler la chose par son nom : une langue de vipère. Bien entendu, quelque méthode que vous employiez, elle ne sera pas efficace si vous jurez hypocritement ou usez vous-même d'un langage grossier.

Je connais un chrétien que je n'ai jamais entendu jurer, sauf dans une situation. Il s'excusait aussitôt après avoir dit ces choses, et disait qu'il avait du mal à ne pas dire de telles choses lorsqu'il était en colère (ce qu'il était). Même en tant que chrétien, les vieilles habitudes ont parfois la vie dure. Bien qu'il ne fût pas parfait, il essayait tout de même, et s'excusait aussitôt après.

Bien entendu, lorsque vous parlez avec un chrétien qui a la langue trop déliée, dites-lui de relire Jacques.


Q: Dans Jc 3,3, à quoi ressemble la médisance ?

R: Voici un exemple tiré du Believer's Bible Commentary, p. 2231. « La manière dont la flamme de la médisance se propagea est illustrée par la conversation entre deux femmes à Brooklyn. L'une dit : “Tillie m'a dit que tu lui avais dit que je t'avais confié ce secret que je t'avais dit de ne pas lui dire.” L'autre répondit : “Quelle méchante ! Je lui avais dit de ne pas te dire que je te l'avais dit.” La première reprit : “Eh bien, j'avais dit à Tillie que je ne te dirais pas qu'elle me l'avait dit – alors ne lui dis pas que je l'ai fait.” » Personne ne peut se fier à personne.


Q: Dans Jc 3,6, pourquoi Jacques compare-t-il la langue à un feu ?

R: Une langue malveillante peut être comme une étincelle de deux manières :

La croissance : il ne faut qu'une petite étincelle pour déclencher un vaste incendie de forêt. De même, il ne faut que quelques mots pour déclencher une réaction en chaîne.

L'irréversibilité : une fois qu'un brasier survient, tout ce qui est brûlé ne peut être « débrûlé ».

À titre historique, l'un des plus grands incendies de forêt survint en 2003 dans la taïga sibérienne, après un été sec. Il ravagea 55 millions d'acres (22 millions d'hectares) en Sibérie, dans le nord de la Chine et le nord de la Mongolie. Il influe encore aujourd'hui sur les températures de la terre. Pour référence, un acre est un peu plus petit qu'un terrain de football, sans les zones d'en-but. La Pennsylvanie couvre 29,5 millions d'acres ; l'incendie de la taïga sibérienne brûla donc une superficie près de deux fois celle de la Pennsylvanie.

Voir https://earth.org/largest-wildfires-in-history/ et https://a-z-animals.com/blog/how-big-is-pennsylvania-see-its-size-in-miles-acres-and-how-it-compares-to-other-states/ pour plus de renseignements.


Q: Dans Jc 3,6, comment la langue met-elle nos membres en feu ?

R: L'Écriture ne dit pas explicitement comment, mais nous pouvons discerner deux manières.

1. Bien des tentations que nous connaissons nous viennent par le moyen de ce que d'autres disent. Par des paroles, les gens peuvent comploter le mal, tenter, séduire, calomnier autrui, médire, insulter, raconter des plaisanteries grivoises, mentir, décourager les gens du bien et encourager les gens à faire le mal. Les gens peuvent mutuellement s'encourager au péché ; ce que quelqu'un aurait d'abord honte de faire, il pense ensuite que c'est acceptable parce que d'autres sont d'accord.

2. Les gens communiquent et engagent souvent leurs intentions de pécher par des paroles. Les gens peuvent blesser les sentiments d'autrui et le calomnier de leur langue.


Q: Dans Jc 3,6, quelles sont quelques caractéristiques des gens d'aujourd'hui qui semblent incapables de maîtriser leur langue ?

R: Beaucoup de gens ne les respectent pas, à cause de leurs paroles. Ils « font sans cesse marche arrière », s'efforçant de réparer les dégâts qu'ils ont accidentellement causés de leur langue. Mais la vérité est qu'il n'existe aucun moyen de réparer les dégâts aussi efficace que de se taire en ne prononçant jamais les mauvaises paroles en premier lieu. Ils donnent l'impression d'être inconséquents et peu sincères.


Q: Dans Jc 3,6, comment la langue est-elle enflammée par l'enfer ?

R: L'Écriture ne le dit pas avec certitude. Cependant, il y a beaucoup à faire avec un si petit organe. À poids égal, la langue peut être l'un des organes les plus efficaces entre les mains de Satan pour tromper et tenter les gens.


Q: Dans Jc 3,6, comment répondriez-vous à l'affirmation erronée selon laquelle le « cours de la nature » renvoie à la réincarnation, comme l'enseignent certains adeptes de sectes ?

R: Ce verset parle de la puissance persuasive du langage humain. Rien dans ce verset n'a suggéré cette interprétation nouvelle de la réincarnation à quiconque dans l'histoire, jusqu'aux temps modernes. Rien dans Jacques ne mentionne la réincarnation ; il s'agit donc d'un cas patent de redéfinition des termes pour leur faire dire ce que l'on veut. Jacques se réfère simplement à ce qui survient naturellement. L'eiségèse consiste à lire dans l'Écriture ce que l'on veut qu'elle dise. Nous ne devrions pas faire d'eiségèse, mais de l'exégèse, ce qui signifie tirer de l'Écriture ce qu'elle a voulu dire.

Rien dans la Bible n'enseigne la réincarnation. Bien que la résurrection fût connue dans l'Ancien Testament, il n'existait aucun concept de réincarnation chez les Juifs de l'Ancien Testament ni chez les premiers chrétiens, si ce n'est qu'ils écrivirent que certaines fausses religions croyaient à la réincarnation. Hippolyte (222-235/6 apr. J.-C.), en particulier, mentionne la réincarnation comme une croyance, non des chrétiens, mais des « Brachmanes » de l'Inde.

D'autres chrétiens pré-nicéens qui connaissaient les Brahmanes/Brachmanes comme une fausse religion furent Théophile d'Antioche (161-181/188 apr. J.-C.), Tertullien (198-220 apr. J.-C.) et Origène (225-254 apr. J.-C.).

Un adepte de secte ne saurait honnêtement prouver une doctrine par la seule redéfinition d'un terme qu'aucun chrétien primitif n'entendait de cette manière.


Q: Dans Jc 3,6-7, en quoi la métaphore d'un poison diffère-t-elle de la métaphore d'un feu ?

R: Tandis que le feu modifie radicalement l'apparence extérieure, le poison agit plus lentement au-dedans. L'un comme l'autre peuvent tuer tout aussi bien. Tous deux ne demandent qu'un peu pour accomplir leur dessein. Parfois, des paroles mauvaises peuvent être dites précisément pour empoisonner la pensée ou le cœur d'une personne.

Bien des gens instruits connaissaient la manière dont la langue peut tuer, avec l'exécution du philosophe grec athénien Socrate. Socrate fut à ce point critiqué dans une pièce le calomniant comme un être mauvais, insensé et brutal qui corrompait les Athéniens. Après avoir vu la pièce, les citoyens exigèrent que Socrate fût exécuté, et il le fut, contraint de boire la ciguë. Ils finirent par comprendre qu'ils avaient exécuté un homme, à cause seulement de vifs sentiments suscités par une calomnie non prouvée. Quelque temps après, Athènes devint très tolérante envers les différentes vues philosophiques.


Q: Dans Jc 3,8, comment la langue est-elle un mal « instable » ou « indomptable » ?

R: Elle est comme une bête indomptable. Jacques donne des exemples de bêtes puissantes que les gens ont domptées, mais les gens ont plus de mal à dompter leur propre langue.


Q: Dans Jc 3,9-12, comment le bien et le mal sortent-ils tous deux de notre langue ? (Voir Romains 7,14-25 pour un indice.)

R: La louange de Dieu et des paroles pour aider autrui devraient sortir de notre bouche. Tant de bien peut en sortir : l'encouragement, la correction, l'enseignement, la réprimande (oui, cela aussi est bon). Mais des paroles contre Dieu et qui blessent les gens peuvent en sortir aussi, si nous n'y prenons garde. Elles peuvent sortir par colère, par insouciance, ou, pire encore, par indifférence.


Q: Dans Jc 3,11, que se passerait-il si de l'eau douce et de l'eau salée jaillissaient d'une même source ?

R: L'eau douce potable se mêlerait à l'eau salée, et le mélange d'eau saumâtre serait imbuvable. Un croyant qui dit de bonnes choses, et qui, de la même bouche, dit des choses malveillantes ou grivoises, n'aurait pas un bon témoignage. Nous devrions tout particulièrement remettre notre langue à Dieu.

D'une part, la mer Morte possède à la fois des sources d'eau salée et des sources d'eau douce, mais même alors, il n'y a aucune source qui possède les deux.


Q: Dans Jc 3,13, qu'est-ce exactement que la sagesse ici, par opposition à la connaissance ?

R: La connaissance peut être considérée comme des faits, des observations et de la logique. La sagesse est l'application de la connaissance à la vie.


Q: Dans Jc 3,13, quelle est la différence entre la douceur et l'humilité ?

R: Ce sont des mots différents en grec. L'humilité, tapeinophrosynē en grec, signifie ne pas se croire quelqu'un de grand. Le mot grec pour la douceur, prautēs, désigne une gentillesse et une acceptation actives. Ne pensez pas à quelqu'un de physiquement faible, mais plutôt à une personne forte qui est docile et soumise.

Il est intéressant de noter que le philosophe grec Épictète (v. 50-135/138 apr. J.-C.), par l'intermédiaire de son élève Arrien, enseigna lui aussi sur la douceur. Il enseignait que la douceur, comme la servilité, était un défaut moral.


Q: Dans Jc 3,13 ; Mt 11,29 et 2 Co 10,1, pourquoi Jacques, Jésus et Paul enseignent-ils tous une étroite association entre la douceur et la sagesse ?

R: La vraie sagesse connaît notre juste place devant Dieu et le fait que nous ne valons pas mieux que les autres.


Q: Dans Jc 3,13-18, bien des gens sont sages, mais non de la sagesse céleste. Pensez-vous que la jalousie amère ou l'ambition égoïste disqualifient une personne pour être sage de la sagesse céleste ?

R: Ils peuvent encore posséder des bribes de sagesse céleste, mais si celle-ci est empoisonnée par la jalousie ou l'ambition égoïste, elle n'est pas bonne. L'ambition égoïste ne signifie pas seulement faire avancer ses propres intérêts, mais user de moyens indignes et diviseurs pour y parvenir. La jalousie et l'ambition égoïste peuvent aveugler les gens sur ce qui est vrai, et user de la sagesse mondaine peut paraître meilleur pour atteindre des objectifs à court terme. La sagesse céleste ne néglige pas les objectifs à court terme, mais elle se tourne aussi vers le jugement du bêma. La pureté renvoie ici à l'absence de motif ou d'attitude égoïste.

Cependant, en Philippiens 1,15-18, Paul loue tout de même Dieu pour ceux qui prêchent le vrai Évangile, même si certains prêchent le Christ par jalousie et par ambition égoïste, car du moins ils prêchent l'Évangile.


Q: Dans Jc 3,13.17-18, pourquoi la sagesse produit-elle ces choses ?

R: Proverbes 23,7 dit : « Comme un homme pense dans son cœur, tel il est. » L'Esprit se sert de la sagesse pour nous transformer et produire du fruit. La vraie sagesse est paisible, disposée à la conciliation, pleine de miséricorde et de bonnes œuvres, sans partialité, sans hypocrisie. Autrement dit, ce que l'on voit est ce que l'on obtient.


Q: Dans Jc 3,17-18, quelle est la différence entre la sagesse céleste et la sagesse mondaine ?

R: La sagesse céleste vient d'en haut, manifeste le fruit de l'Esprit, et nous montre comment plaire à Dieu. La sagesse mondaine vient d'en bas, cherche à progresser en cette vie, et s'efforce de nous plaire à nous-mêmes. Comme le dit Tony Evans : « la simple sagesse humaine est une expression de l'agenda de Satan. Pour transmettre la sagesse céleste, il faut communiquer avec le ciel. »

Ce que le monde appelle sagesse peut comprendre un style querelleur, un sarcasme dévastateur, des manières habiles ou même déloyales de l'emporter dans une discussion, etc.


Q: Dans Jc 3,18, quel est le fruit ou la moisson de justice qui provient de la paix ?

R: Les chrétiens ont deux vues différentes, et toutes deux peuvent être vraies.

Le fruit de l'Esprit, ou le fruit issu de la sagesse de la justice.

La vie juste elle-même, qui provient de la connaissance et de la pratique de la voie de sagesse de Dieu.

En combinant les deux, la « moisson » que nous obtenons est une vie pieuse, agréable à Dieu, manifestée par le fruit de l'Esprit.


Q: En Jc 4,1, comment les désirs « combattent »-ils en nous ?

R: Les personnes peuvent être « déchirées » par des désirs contradictoires, hedonon en grec, dont provient notre mot hédonisme. Même les non-croyants qui veulent commettre quelque mal s'en abstiennent souvent parce qu'ils éprouvent un désir plus fort de ne pas en subir les conséquences.

Les mots désignant les guerres et les combats peuvent se rapporter aux batailles nationales et aux guerres civiles. Toutefois, l'Empire romain ne connaissait aucune guerre civile à cette époque, et les combats dont parle Jacques sont intérieurs.


Q: En Jc 4,1, comment le combat intérieur peut-il déborder et engendrer de l'hostilité envers autrui ?

R: Lorsqu'une personne est malheureuse en raison d'un conflit intérieur, elle peut ne pas voir la nécessité de se montrer aimable envers les autres. Si quelqu'un vous fait des difficultés ou entre en conflit avec vous, considérez qu'il se peut que cela n'ait rien à voir avec vous. Il se peut qu'il s'agisse de ses propres « combats » intérieurs qui débordent et nous attaquent. Ces personnes ne peuvent avoir la paix avec les autres si elles sont en guerre avec elles-mêmes.

Certaines personnes pensent que le conflit avec autrui est l'état normal et attendu des choses. Lorsqu'une personne fut publiquement critiquée par une deuxième qu'elle considérait comme une amie, cette dernière justifia simplement son acte comme un « tir ami ».


Q: En Jc 4,1-2, comment mettre fin aux querelles entre chrétiens, sans être soi-même impliqué dans une querelle avec des chrétiens ?

R: Tout d'abord, priez au sujet de la situation. Cherchez à comprendre le point de vue des parties opposées. Vous n'êtes pas obligé d'être d'accord avec un point de vue pour le comprendre. Allez trouver la personne, ou chacune des personnes en présence, en privé et parlez avec elle. Si cela ne fonctionne pas, parlez-lui de nouveau, en prenant davantage de personnes avec vous. Et si même cela ne fonctionne pas, alors, à contrecœur, portez l'affaire devant toute l'Église, selon Matthieu 18,15-17.

D'après mon expérience, lorsque j'étais diacre, il y avait dans l'Église un ancien qui s'exprimait fréquemment contre un « ancien à vie » de l'Église. Aussi, lorsque cet « ancien à vie » eut l'occasion de prêcher, il parla tout le temps contre le premier ancien. Imaginez de quoi cela avait l'air aux yeux des visiteurs. Je n'étais pas présent, car je dirigeais le service de l'Église pour la jeunesse. Mais j'en entendis certainement parler. Je m'entretins seul à seul avec l'« ancien à vie », mais il déclara que quelqu'un d'autre lui avait dit qu'il avait dit exactement ce qu'il fallait. Alors je réunis dix autres personnes de l'Église qui partageaient mon sentiment, et nous demandâmes une réunion chez lui pour en discuter. Nous fîmes bien comprendre que nous n'étions pas contre lui, et que nous ne voulions pas qu'il démissionne ; nous voulions seulement que ce désaccord ne se manifeste pas d'une manière aussi vilaine. Finalement, l'autre ancien partit, avec quelques autres, et ils fondèrent leur propre Église à environ une heure de route.


Q: En Jc 4,2, comment les chrétiens « tuent »-ils ?

R: Rappelez-vous que les paroles de Jacques suivent de très près l'enseignement de Jésus. Jésus dit en Matthieu 5,21 que ce n'est pas seulement le meurtre physique, mais aussi le fait d'être en colère contre son frère sans motif ou de traiter quelqu'un de tête vide qui expose au feu de l'enfer.

Ainsi, Jacques ne fait pas seulement référence au meurtre physique de quelqu'un, mais aussi à la haine envers un autre croyant.


Q: Jc 4,2-3 indique-t-il que Dieu nous donnerait ce qu'il veut que nous ayons, si nous le demandons avec de mauvaises intentions ? En quoi cela place-t-il Dieu « entre le marteau et l'enclume », pour ainsi dire ?

R: Si nous demandons quelque chose dont nous avons légitimement besoin, mais que nous l'utiliserons à des fins mauvaises, il se peut que Dieu ne nous l'accorde pas, alors même que nous en avons réellement besoin.


Q: En Jc 4,3, cela va-t-il à l'encontre de la promesse selon laquelle Dieu exaucera nos prières ?

R: Non, cela ne l'annule pas, mais y apporte une réserve. Parfois Dieu répond « non » à nos prières. Et parfois il y répond « attends ».


Q: En Jc 4,4, pourquoi Jacques a-t-il traité d'adultères les chrétiens auxquels il écrivait ?

R: Le mot grec est ici au féminin, ce qui est approprié, car nous tous, hommes et femmes, sommes collectivement l'épouse du Christ.

Une personne adultère ne souhaite généralement pas le divorce. Alors que quelqu'un pourrait vouloir divorcer pour se séparer d'une personne et en épouser une autre, un adultère ou une adultère veut souvent les deux. Ces personnes veulent rester avec leur conjoint tout en ayant aussi quelqu'un d'autre à côté. Jacques ne dit pas que ces gens ne veulent plus suivre Dieu. Ils veulent plutôt continuer à suivre Dieu tout en faisant aussi des choses du monde. Suivre le Christ, c'est choisir d'éliminer les options qui permettent de désobéir à Dieu.

Malheureusement, même les chrétiens tentent parfois de servir deux maîtres, tels que Dieu et le monde. Jésus a dit que l'on ne peut servir à la fois Dieu et l'argent en Matthieu 6,24.

En généralisant à partir de cela, les chrétiens ont parfois besoin d'une ferme réprimande.


Q: En Jc 4,5, comment l'esprit qui habite dans les chrétiens les rend-il envieux, puisque Jc 3,16 dit qu'il y a œuvre mauvaise là où il y a envie et querelle ?

R: Il n'y a pas seulement l'orgueil du monde, mais il peut aussi y avoir un orgueil spirituel. L'orgueil spirituel consiste à se croire meilleur ou plus important en raison de sa spiritualité ou de ses dons. Nous tous n'avons rien de bon si ce n'est ce que Dieu nous a donné. Nous n'avons donc réellement rien dont nous puissions tirer orgueil. Jacques 4,5 ne dit pas que l'Esprit est mauvais ou envieux, mais la connaissance du fait que le Saint-Esprit habite à l'intérieur des chrétiens peut conduire à l'orgueil et à des sentiments de propre justice, lesquels sont mauvais.

Il est toujours mauvais que les gens éprouvent de l'envie, indépendamment de toute autre chose. Même un croyant peut pécher en éprouvant de l'envie envers d'autres croyants ou envers la situation des non-croyants. Dans le Psaume 73, Asaph expose avec franchise le moment où « son pied faillit glisser » lorsqu'il envia les orgueilleux.

Il n'existe dans l'Ancien Testament ou les apocryphes aucune citation disant : « L'Esprit qui habite en nous nous porte à une jalousie ardente. » Cependant, il n'y avait à l'origine aucune ponctuation dans l'Écriture. Une meilleure traduction pourrait être : « Ou bien pensez-vous que l'Écriture parle en vain ? (point) L'esprit qu'il a fait habiter en nous aspire-t-il à l'envie ? » Cela n'indique pas si le mot « esprit » désigne ici le Saint-Esprit ou notre esprit.

Une autre possibilité est que Jacques fasse référence à une citation de l'Écriture : il se référerait à Jacques 4,6, qui cite Proverbes 3,34.


Q: En quoi Jc 4,6 est-il en rapport avec Jc 3,6 : « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles » ?

R: L'orgueil transmet souvent son vilain fruit par la langue. Lorsque vous avez de l'orgueil, de l'envie, du ressentiment ou d'autres choses mauvaises dans le cœur, le moyen le plus rapide d'en atténuer les dégâts est de ne rien dire, jusqu'à ce que votre cœur soit en ordre. Il est difficile d'empêcher les mauvaises paroles de produire leur mauvais effet, une fois qu'elles ont été prononcées. Après cela, Jacques donne trois exemples de l'orgueil qui éclate et se rend visible dans notre vie : la médisance en Jacques 4,11-12, la vantardise en Jacques 4,13-17, et l'accumulation de ce qui ne vous appartient pas en Jacques 5,1-6.


Q: En Jc 4,7, il va de soi que les non-chrétiens sont censés venir au Christ et se soumettre à Dieu. Mais comment les chrétiens, auxquels s'adresse Jacques, sont-ils censés se soumettre à Dieu ?

R: Bien que nous ayons soumis notre vie à Dieu lorsque nous avons été sauvés, nous devons nous soumettre de nouveau à Dieu chaque jour. Nous devons choisir chaque jour et à chaque instant de demeurer en Christ et d'obéir, ou non. Nous devons nous approcher de Dieu et garder notre cœur pur.


Q: En Jc 4,8, si quelqu'un au ciel vous observait spécialement, vous considérerait-il plutôt comme un croyant au cœur simple ou comme un croyant partagé ?

R: Espérons qu'il verrait de la constance, de la fidélité et un amour loyal, et vous considérerait plutôt comme un croyant au cœur simple.


Q: En Jc 4,8, comment la recherche égoïste et coupable de soi amène-t-elle un croyant à commencer à s'éloigner de Dieu ?

R: La question n'est pas de savoir « si » la recherche égoïste et coupable de soi peut amener un croyant à commencer à s'éloigner de Dieu ; elle l'amènera assurément à commencer à s'éloigner de Dieu. On ne peut poursuivre sérieusement qu'une seule chose. À mesure que nous poursuivons le plaisir ou l'ambition égoïste, nous perdons le temps et l'énergie nécessaires pour poursuivre la proximité avec Dieu. L'inverse est également vrai. Si nous consacrons toute l'énergie possible à poursuivre Dieu, nous n'aurons ni le temps ni l'énergie de poursuivre aussi les choses du monde.


Q: En Jc 4,9-10, que signifie s'affliger de son péché ?

R: Le mot grec employé ici, talaiporesate, est un terme plus fort que son équivalent français. Il signifie s'affliger misérablement et s'accorde bien avec le fait de se lamenter. Lorsque nous ne sommes pas en règle avec Dieu, ou que nous avons du péché dans le cœur, nous ne devrions pas nous comporter comme si tout allait bien. Nous devrions prendre le péché très au sérieux. Notre cœur devrait être dans le deuil et pleurer lorsque nous sommes hors de la communion avec Dieu.


Q: En Jc 4,11, ainsi qu'en 1,2.16.19 ; 2,1.5.14 ; 3,1.10.12, pourquoi Jacques parle-t-il si souvent de « mes frères » ?

R: Nous y voyons deux raisons. La première tient à l'auditoire de la lettre. Il ne s'agit pas d'un message évangélique, mais plutôt d'une lettre adressée à des croyants, hommes et femmes. En second lieu, cela occupait le premier plan des pensées de Jacques, consciemment ou inconsciemment : la proximité et l'attention que les croyants ont, ou devraient avoir, les uns pour les autres.


Q: En Jc 4,11 et Tt 3,2, puisque nous ne devons pas médire les uns des autres, pourquoi Paul [prétendument] l'a-t-il fait à l'égard d'Hyménée et de Philète en Tite 2,17 ?

R: Le mot grec employé ici est plus large que la calomnie ; il signifie ne pas parler contre les autres en général. Nous devons dire des choses utiles et véridiques. Paul devait ne médire de personne, selon Tite 3,2. Mais Paul lui-même avait besoin d'aider l'Église en la mettant en garde contre Hyménée et Philète en 2 Timothée 2,17-18, ainsi que contre des faux docteurs non désignés en 1 Timothée 1,3-7. Certaines personnes se détournent de la vérité pour des raisons morales, ou en raison d'une mauvaise relation, mais Hyménée et Philète, semble-t-il, s'en sont détournés pour des raisons intellectuelles.


Q: En Jc 4,11 ; Lv 19,16 ; Ps 15,3 ; 31,13 ; 38,20 ; 41,6-7 ; 50,20 ; 101,5 ; Pr 10,18s ; 30,10 ; Jr 6,28 ; Ez 36,3 ; Mt 15,19 ; Mc 7,22 ; 2 Co 12,31 ; Ep 4,31 ; Col 3,8 ; Tt 3,2 ; 1 P 2,1, de quelles manières les chrétiens pourraient-ils pécher en calomniant d'autres chrétiens et d'autres Églises ?

R: Lorsque les gens formulent une affirmation fausse au sujet d'un enseignant, ou énoncent des faits négatifs alors qu'ils devraient se montrer bienveillants, c'est de la calomnie. La calomnie consiste à dire de mauvaises choses qui ne sont pas vraies, ou à rabaisser d'autres chrétiens et d'autres Églises alors qu'on ne le devrait pas.

Si vous dites quoi que ce soit de négatif, assurez-vous que ce soit à la fois véridique et utile. Mais le seul fait que des paroles soient véridiques ne signifie pas nécessairement que vous ayez besoin de les dire, si elles ne sont pas utiles. De plus, nous devons dire la vérité dans l'amour, selon Éphésiens 4,15.


Q: En Jc 4,11, quel rapport y a-t-il entre « se poser en juge » et la calomnie d'autres chrétiens et d'autres Églises ?

R: La calomnie d'autrui va souvent de pair avec le péché consistant à parler ou à agir comme si l'on était leur juge. En contraste avec cet enseignement de Jacques, l'ouvrage juif rabbinique Pirqé Avot (190-230 apr. J.-C.) 1,7 dit : « Juge tout homme selon le plateau du mérite. » Alors laissez-moi prendre mon carnet et vous suivre partout pour vous juger selon vos mérites au regard de la loi. Je suis sûr que vous l'apprécierez grandement ! 😉 L'Ecclésiaste 12,14 dit que tout sera mis en lumière, que ce soit bien ou mal, mais c'est Dieu, et non nous, qui mettra tout en lumière.


Q: En Jc 4,13-16, en quoi consiste exactement le fait de se vanter du lendemain, et comment devrions-nous nous en garder ?

R: Il est présomptueux de prétendre savoir quelque chose que nous ne savons pas. La section précédente traitait de la présomption de pouvoir juger autrui, et ces versets traitent de la présomption de connaître l'avenir avec certitude. Lorsque nous affirmons pouvoir connaître l'avenir avec certitude, nous nous vantons du lendemain.

La manière la plus simple de ne pas le faire est de vous rappeler la réalité : vous ne savez réellement pas avec certitude ce qui arrivera demain. C'est pourquoi il vaut mieux dire « si le Seigneur le veut » que de se vanter contre Dieu en disant « je sais avec certitude ». Mais cela ne signifie pas que nous ne devrions pas planifier l'avenir. Il est bon de planifier et, à mesure que les circonstances changent, de modifier notre plan. Rappelez-vous seulement que les plans changent. Comme le général Dwight D. Eisenhower l'a dit au sujet des batailles : « les plans sont inutiles ; la planification est essentielle ».


Q: En Jc 4,13-15 et Pr 27,1, est-il acceptable de dire ce que nous prévoyons de faire demain ?

R: Oui, il est tout à fait acceptable de planifier « humblement », pourvu que vous compreniez que tous les plans sont subordonnés à la volonté de Dieu. Dieu peut les modifier et nos plans peuvent être réduits à néant. Mais il n'est pas acceptable de dire que nous ferons assurément telle ou telle chose demain, car nous ne savons pas avec certitude ce que nous ferons sur la terre demain, ni même si nous serons encore sur la terre. Dites plutôt : « si telle est la volonté du Seigneur », nous ferons telle ou telle chose demain.

Le général Dwight D. Eisenhower fut impliqué dans la planification de la plus grande invasion de tous les temps : le débarquement du jour J en Europe. Il a dit : « les plans sont inutiles, mais la planification est essentielle ». Nos plans changent sans cesse, mais nous accomplissons davantage lorsque nous avons un plan que lorsque nous n'avons rien.

Proverbes 14,22 dit que ceux qui méditent le bien trouvent l'amour et la fidélité. Proverbes 16,3 dit de recommander au Seigneur tout ce que nous faisons, et nos projets réussiront. Pourtant, nous devons comprendre, comme le dit Proverbes 21,30, qu'aucun projet ne peut réussir contre le Seigneur.


Q: En Jc 4,13-16, alors que Dieu est contre le fait de se vanter de soi-même, de se glorifier au détriment des autres, etc., pourquoi pensez-vous que Dieu est aussi contre le fait de se vanter du lendemain ?

R: « Vous vous vantez dans vos prétentions arrogantes » est la traduction littérale du grec. Se vanter de connaître avec certitude ce qui arrivera demain, alors qu'on n'en a pas la capacité, est de l'orgueil contre Dieu. Se vanter d'être meilleur que quelqu'un d'autre est de l'orgueil contre l'autre personne. Quelqu'un a fait remarquer un jour que, dans les mots anglais sin et pride (péché et orgueil), la lettre centrale est « I » (je).


Q: Jc 4,17, comment devrions-nous appliquer : « Celui donc qui sait faire ce qui est bien, et qui ne le fait pas, commet un péché » ?

R: Il est évident pour les chrétiens que nous ne devons pas faire des choses qui déplaisent à Dieu. Or, ce sont là ce qu'on appelle des péchés de commission. Si vous ne faites rien de mal, mais que vous ne faites pas le bien que Dieu veut que vous fassiez, vous péchez. Ce sont là ce qu'on appelle des péchés d'omission. Parfois, des occasions de faire le bien se présentent qui ne faisaient pas partie de votre plan, comme ce qui arriva au bon Samaritain. Changerez-vous vos plans pour faire le bien que Dieu veut que vous fassiez ?

Lorsqu'il y a une bonne action à accomplir et qu'il n'y a personne d'autre pour la faire, nous pouvons justifier le fait de ne pas la faire en disant que ce n'est pas notre vocation, ou quelque chose de semblable. Pensez à la parabole du bon Samaritain. Penser « j'ai besoin de plus de temps pour réfléchir à ce que Dieu veut que je fasse » est valable si vous ignorez réellement les orientations stratégiques de votre vie, mais non pour répondre à des besoins immédiats.

Le corps de l'Église doit accomplir tout le bien que Dieu veut voir accompli. Cela inclut à la fois les groupes officiels ou organisés qui réalisent des choses, les individus isolés qui prennent l'initiative et agissent par eux-mêmes, et tout ce qui se situe entre les deux. L'important n'est pas de savoir si vous le faites ou non, mais si cela est accompli par le corps du Christ. Par exemple, une chirurgienne chrétienne compétente en Amérique s'apprêtait à renoncer à son cabinet pour aller exercer comme chirurgienne dans un pays sous-développé. Mais lorsqu'elle fit le calcul, elle comprit qu'avec son salaire en Amérique, elle pouvait financer deux ou trois chirurgiens dans ce pays, accomplissant ce qu'elle-même faisait. Elle conserva donc sa carrière et finança ces chirurgiens.

En revanche, s'il existe un besoin que personne ne comble, et que vous disposez des ressources, du temps, de l'argent et des dons nécessaires pour y répondre, alors priez à ce sujet et, si Dieu vous y conduit, mettez-vous à l'œuvre.


Q: En Jc 5,1-3a, pour les trois premières raisons pour lesquelles les riches devraient pleurer et se lamenter, quelle est la différence entre la richesse, les vêtements et l'or et l'argent ?

R: La richesse peut être savourée ou mise de côté, à court terme ou de façon durable, visible ou non. Le nombre de familles autrefois riches est grand ; aussi peut-être votre richesse ne devrait-elle être considérée que comme quelque chose que vous possédez temporairement, pour un temps. Mais durant ce temps, tirez-en le meilleur parti.

Certaines choses sont comme la rouille, rongeant la valeur de la richesse à long terme. Les mites ne font pas se désintégrer les vêtements ; elles y laissent plutôt des trous qui les rendent inutilisables. Comme les mites, certaines choses peuvent rapidement dégrader la valeur de la richesse visible. Pensez à un accident, ou à quelque chose qui raye ou cabosse votre voiture neuve que vous venez d'acheter.

Le seul trésor qui puisse réellement durer est le trésor dans le ciel, qui vient de ce qui plaît à Dieu et de l'accomplissement de sa volonté.


Q: En Jc 5,1-6, qui sont exactement les riches dont parle Jacques ?

R: Trois points à considérer dans la réponse.

Dieu se plaît en certaines personnes riches. Abraham était très riche, même selon les critères modernes. Job était lui aussi très riche à la fin. Salomon ne demanda pas la richesse, mais Dieu lui donna la richesse. Il est ici question de personnes riches qui déplaisent à Dieu.

Incroyants ou croyants ? Les commentateurs sont en désaccord sur le point de savoir si ces riches prétendent être chrétiens ou non. Mais la véritable réponse est : cela n'a pas d'importance. Quoi qu'ils prétendent, ils ne suivent pas Dieu. Rien n'empêche que Jacques se réfère aux deux catégories. Toutefois, Jacques s'adresse, à tout le moins, à des personnes dans l'Église ; aussi cet avertissement inclut-il assurément les riches mauvais qui vont à l'église, comme le fait le reste du chapitre.

Pourrait-il parler de l'un d'entre nous ? Si une grande partie du monde n'a pas entendu l'Évangile, et qu'il est difficile de réunir un financement suffisant pour les missionnaires, comment Dieu jugera-t-il les articles de luxe que nous avons achetés pour nous-mêmes ? Comme le dit Tony Evans : « s'accrocher aux richesses peut vous coûter l'éternité ».


Q: En Jc 5,1-6, en quoi ces agissements des riches méchants sont-ils arrogants ?

R: La Bible dit que nous récoltons ce que nous semons, et le riche qui commet ces actes est fermement convaincu qu'il ne récoltera jamais ce qu'il sème.


Q: En Jc 5,1-6, la richesse est-elle une malédiction, ou une bénédiction comme le laissent entendre Pr 15,6 et Ps 112,3 ?

R: Elle peut être les deux, selon l'usage qu'on en fait. La richesse est un moyen d'action. Elle peut permettre à des gens qui, autrement, n'en auraient pas l'occasion, de s'enivrer, de se droguer ou de faire d'autres choses mauvaises. Elle peut inciter les gens à commettre des actes idolâtres pour obtenir davantage d'argent, comme ce fut le cas de Gédéon en Juges 8,27. La richesse peut être une bénédiction en permettant aux gens d'aider les autres. Rappelez-vous que, en Luc 16,19-31, l'homme riche est dans le feu non pas tant à cause de ce qu'il a fait, mais à cause de ce qu'il n'a pas fait.

Posséder la richesse peut néanmoins être délicat. Bien souvent, les gens amassent des richesses pour ce qu'ils croient être une bonne cause, mais celles-ci finissent par être utilisées de manière égoïste. À l'inverse, amasser de l'argent de manière égoïste, puis changer et l'utiliser pour le bien, n'arrive pas souvent. Rappelez-vous que la richesse peut être un bon outil que Dieu donne à certains pour qu'ils en usent. Mais cette même richesse est « à haut risque », car elle menace de rendre misérables vous et votre famille.


Q: En Jc 5,2, pourquoi mentionnerait-il les vêtements en même temps que l'or et l'argent ?

R: Outre l'or et l'argent, les vêtements pouvaient servir de paiement pour des services rendus. Cela apparaît en 2 Rois 5,5.22 ; Matthieu 6,19 ; et dans les apocryphes, en 2 Maccabées 11,24. Quand on possédait des robes et des châles, la taille n'importait pas trop.


Q: En Jc 5,2-3, qu'est-ce que cela dit au sujet de l'accumulation, et pourquoi les riches méchants accumulent-ils ici ?

R: Les riches méchants accumulent ici des richesses, des vêtements, de l'or, de l'argent, et même les salaires d'autrui. Il ne s'agit pas seulement de ce qu'ils ne sont pas généreux ; ils ne versent même pas ce qu'ils doivent équitablement.

Gary Brandenburg, dans un sermon, raconta un jour l'histoire d'un investisseur, dont la fortune dépassait 200 millions de dollars, qui travaillait très tard dans la nuit. Quelqu'un lui demanda pourquoi il travaillait si tard. Il répondit : « pour ne pas avoir à dormir sur la terre ». Voyez-vous, lorsqu'il était enfant, sa famille était si pauvre qu'il devait dormir à même le sol. Il s'en souvint toujours et, ainsi, si riche qu'il devînt, il craignait toujours de ne pas avoir assez et de devoir de nouveau dormir sur la terre.

a) Les gens peuvent accumuler par insécurité au sujet de leur avenir financier. Ils pensent que leur avenir est entre leurs propres mains, et non entre celles de Dieu, et ils font de leur mieux pour réduire le risque.

b) Les gens peuvent accumuler par détresse à l'idée de jeter des choses. Gardez un millier d'objets supplémentaires, car si vous ne le faites pas, un jour, dans un avenir lointain, vous pourriez avoir besoin de l'un de ces objets, et vous ne voudriez pas avoir à le racheter. Mais le coût du rachat occasionnel d'un objet est moindre que la peine d'encombrer tout.

c) Les gens peuvent aussi accumuler par cupidité, afin de disposer des ressources financières pour investir plus tard dans une affaire avantageuse. Mais si vos avoirs accumulés sont illiquides, ils ne vous seront alors probablement pas d'un grand secours.

d) Les gens peuvent accumuler après un événement traumatisant de la vie. Ils passent de la confiance que les choses iront bien à l'attachement à tout ce qu'ils peuvent encore garder.

e) Les gens peuvent accumuler par habitude ; il ne peut jamais nuire d'avoir davantage de biens. Ils craignent de manquer de quelque chose ou trouvent de la valeur dans le fait d'avoir beaucoup de choses autour d'eux.

Une personne peut accumuler n'importe quoi et tout, mais les gens sont plus souvent des « accumulateurs sélectifs ». Ils accumulent seulement des livres, ou des voitures, ou des vêtements, ou des chaussures, ou des papiers, ou des magazines, ou des ordinateurs, ou même des chats.

Les gens peuvent être plus enclins à accumuler des choses s'ils sont proches d'un membre de la famille qui accumule, ou à la suite d'une situation stressante. La Cleveland Clinic estime que 2 à 6 % des Américains souffrent du trouble de l'accumulation compulsive. https://my.clevelandclinic.org/health/diseases/17682-hoarding-disorder

Mais en tant qu'étrangers et voyageurs dans ce monde, nous devons apprendre l'art de « voyager léger » plutôt que de « nourrir les mites ». Comme le dit Alec Motyer dans The Message of James, p. 165-166 : « L'accumulation est un déni du bon usage (cf. Lc 12,33), de la vraie confiance (cf. 1 Tm 6,17) et de l'attente pieuse (cf. 1 Tm 6,18-19). »

Voir https://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/hoarding-disorder/symptoms-causes/syc-20356056 et https://www.verywellhealth.com/hoarding-5093362 pour de plus amples informations.


Q: En Jc 5,3, sur la terre l'or ne se corrode pas, sauf dans l'acide, et l'argent se ternit lentement. Pourquoi leur corrosion témoignerait-elle contre une personne ?

R: L'or pur ne se corrode pas du tout au contact de l'air ou de l'eau. Mais un objet fait d'or mêlé d'argent ou d'un autre métal se corrodera avec le temps. Ce sera un témoignage que l'or n'était pas ce qu'il prétendait être. De même, opprimer le pauvre est un témoignage contre l'authenticité de la foi d'une personne. Mais tout comme l'eau régale dissout l'or pur, sur la terre même le métal le plus apparemment inaltérable peut encore être jugé et emporté par Dieu.

Jacques emploie ici une métaphore tout à fait singulière. Il dit qu'ils ont « amassé comme un trésor » la colère.


Q: En Jc 5,4 ; Lv 19,13 ; Dt 24,14-15 ; Jb 7,1-2 ; 24,10 ; 31,13 ; 31,38-40 ; Pr 3,27-28 ; Jr 22,13 ; Am 8,4-6 ; Ml 3,5 ; Mt 20,8, de quelles manières les gens retiennent-ils frauduleusement les salaires ?

R: Explicitement, ils pourraient tout simplement avoir omis de verser les salaires qu'ils étaient légalement tenus de payer, ou avoir trouvé des justifications pour payer moins. Ou bien ils pourraient avoir trouvé des vides juridiques pour se soustraire au paiement. Implicitement, ils pourraient recourir à des tactiques musclées pour négocier le salaire ou le paiement le plus bas possible.

Un exemple que j'ai entendu est celui d'une société de jeux vidéo qui payait peu, mais promettait une grosse prime à tous les programmeurs une fois le jeu commercialisé. Puis, juste avant sa sortie, elle licencia ces personnes. Un deuxième exemple consiste à appliquer de lourds frais financiers pour retard de paiement, sans indiquer clairement quand les paiements doivent être effectués.

Un deuxième exemple est celui d'une grande société cotée au NYSE qui réduisit les salaires de ses employés, versant la différence sous forme de primes fondées sur les résultats de l'entreprise. L'année suivante, l'entreprise réalisa des bénéfices remarquables, mais les dirigeants déclarèrent que cela n'avait tout de même pas atteint leurs objectifs de performance, de sorte que peu de primes furent versées.

Un troisième exemple de fraude d'entreprise est le suivant : si le montant versé est inférieur ne serait-ce que d'un centime au montant total, l'entreprise peut facturer des frais de retard sur la totalité de la somme. Si plusieurs factures sont dues et que le client paie une partie du montant total, à quelle facture le paiement doit-il être imputé (la plus ancienne ou la plus récente) ? Certaines entreprises l'imputeront sur le paiement le plus avantageux pour elles.

Un quatrième exemple est celui d'une entreprise à facturation récurrente, telle qu'une compagnie de téléphone, qui ajoute des services (et des frais) aux factures des clients sans leur accord ni leur connaissance. Lorsque les clients s'en aperçoivent et se plaignent, elle retire les frais. Mais les clients qui ne le remarquent pas continuent de se voir facturer le montant supplémentaire.

Un cinquième exemple passe par des « frais » surprises ajoutés aux placements, aux plans de retraite 401K et aux salaires, par l'impossibilité de percevoir des prestations, ou par des retards non annoncés dans les paiements. Je connais une personne qui a investi son plan 401K pendant dix-sept ans et qui, après déduction des frais, a obtenu un taux de rendement total de 0 %.

En dehors de l'Écriture, cela est également mentionné en Siracide 7,20 ; 31,4 ; 34,21s ; Tobie 4,14 ; Testament de Job 12,4 ; et Pseudo-Phocylide (100 av. J.-C. - 100 apr. J.-C.) 19.


Q: En Jc 5,5, en quoi consiste exactement la vie de jouissance ?

R: C'est simplement vivre pour soi-même, ou accumuler de l'argent uniquement pour soi et pour sa famille. Si vous ne donnez rien à Dieu ni aux autres, prenez garde que la richesse ne devienne votre idole. La vie de jouissance peut consister à dépenser de l'argent ou du plaisir pour soi-même alors qu'on ne le devrait pas. Par exemple, il peut s'agir d'acheter des articles de marque, de manger des mets coûteux, des vins onéreux, etc. Le texte dit que vous « repaissez vos cœurs », ce qui laisse entendre que la richesse change votre cœur et votre caractère. Vous devez veiller avec grand soin sur votre cœur.


Q: En Jc 5,5, quelle est la différence entre le plaisir et le luxe ?

R: Ils ont un sens voisin, avec une légère différence. Le mot grec pour luxe, espatalesate, est courant dans la littérature ; il ne signifie pas une vie mauvaise, mais plutôt un luxe doux et fastueux. Le plaisir, etryphesate, a la connotation de faire tout ce que votre cœur désire, même des choses mauvaises. Une autre traduction pourrait être « débauche ». Il peut s'agir de types d'indulgence différents, mais Jacques s'élève contre les deux.


Q: En Jc 5,6, comment les riches ont-ils tué les pauvres ?

R: Il y a deux manières, la seconde étant la plus répandue.

À Rome, du moins, quiconque avait de l'argent pouvait engager un assassin privé pour tuer quelqu'un d'autre. Les riches pouvaient tout simplement faire tuer ceux qui se mettaient en travers de leur chemin. Les riches eux-mêmes étaient plus difficiles à tuer, puisqu'ils pouvaient disposer de serviteurs faisant office de gardes du corps.

Ils pouvaient user injustement des lois et des tribunaux pour priver de nourriture des familles pauvres, les réduire à la mendicité et finalement les affamer. C'est un peu comme lorsqu'un jeune garçon annonça à son père qu'il voulait devenir criminel en grandissant, et que son père lui demanda : « dans le secteur privé ou dans le secteur public ? »


Q: En Jc 5,7-8, pourquoi est-il important que les chrétiens soient patients ?

R: Le mot grec pour patience, makrothymon, signifie littéralement « longue humeur », avec la nuance d'une « constance égale ». Premièrement, Dieu nous commande simplement d'être patients. Que reçoit un cultivateur lorsqu'il sème sa récolte ? Il ne reçoit rien dans l'immédiat, si ce n'est qu'il vient de perdre beaucoup d'argent en semences. Il espère seulement obtenir un grand rendement bien plus tard. Parfois nous laissons passer des occasions et des bénédictions lorsque nous ne le sommes pas. Être patient dans les petites choses, même insignifiantes, développe notre capacité à être patients dans les grandes. Notre patience dans les épreuves peut nous conduire à une plus grande bénédiction ou à une plus grande occasion ; mais parfois il n'en est rien. Parfois, comme pour Job, notre persévérance ne sert qu'à glorifier Dieu. Nous pouvons être patients lorsque nous nous souvenons combien Dieu a été patient (et l'est encore) envers nous.

Le mot grec pour avènement employé ici, parousia, se rapporte au retour de Jésus. Dans les écrits profanes, il désignait la visite officielle d'un roi dans une cité. La parousie est aussi mentionnée en Matthieu 24,3.27.37.39 ; 1 Corinthiens 15,23 ; 1 Thessaloniciens 2,19 ; 4,15 ; 5,23 ; 2 Thessaloniciens 2,1 ; 2 Pierre 1,16 ; 3,4 ; 1 Jean 2,28.

La première pluie tombait d'octobre à novembre, juste après les semailles, et la dernière pluie de mars à avril, juste avant les semailles. Les deux pluies étaient nécessaires à une bonne récolte. Les premières et dernières pluies sont aussi mentionnées dans la Septante en Deutéronome 11,14 ; Jérémie 5,24 ; Osée 6,3 ; Joël 2,24 et Zacharie 10,1.


Q: En Jc 5,7-11, quel est le schéma de la patience/persévérance et de la langue ?

R: C'est un schéma alternant.

5,7-8 traite de la patience à la manière d'un cultivateur.

5,9 traite de la langue et du fait de parler en mal des autres.

5,10-11 traite de la patience et de la persévérance, en attendant jusqu'à ce que le Seigneur vienne.

5,12 traite de la langue et du fait de prononcer des serments.

Il y a un entrelacement entre la patience dans notre cœur et le fait de nous garder soigneusement de prononcer des paroles inconsidérées. Avoir de la patience envers Dieu et envers soi-même, accompagnée d'orgueil, peut conduire à murmurer contre d'autres sur qui Dieu est encore à l'œuvre. Avoir de la constance dans l'épreuve, accompagnée d'orgueil, peut conduire à des serments inconsidérés, tels que celui que Pierre fit lors du dernier repas. Lorsque nous sommes impatients, il est en général plus difficile de maîtriser notre langue.


Q: En Jc 5,9, qu'y a-t-il de mal à murmurer, et de quelles manières les gens murmurent-ils ?

R: C'est mal simplement parce que Dieu nous commande de ne pas le faire, mais plutôt de faire toutes choses avec action de grâces. Au-delà de cela, murmurer, c'est se plaindre verbalement d'une personne ou d'une situation. Les gens murmurent lorsque les choses vont mal, ou paraissent inutilement mauvaises ou vaines, ou injustes. Jacques 5,13-18 contient l'antidote au murmure. Au lieu d'adresser de mauvaises paroles à quelqu'un d'autre, adressez de bonnes paroles à Dieu dans la prière.


Q: En Jc 5,10-11, si l'on observe les bébés et les jeunes enfants, nous ne naissons pas patients du tout ; cela doit s'apprendre. Alors, comment développons-nous notre patience ?

R: Voici quatre points.

Premièrement, rappelez-vous combien Dieu est patient avec nous.

Deuxièmement, demandez à Dieu de continuer à rendre votre caractère plus semblable à celui du Christ, notamment plus patient.

Troisièmement, comprenez qu'attendre patiemment est plus bénéfique que de s'impatienter au sujet de quelque chose, puisque l'impatience n'aide en rien.

Enfin, développer votre « muscle de la patience » requiert de « s'entraîner » ou de s'exercer à être patient. Nous avons besoin d'occasions de pratiquer le fruit de l'Esprit selon Galates 5,22-23 et de crucifier notre chair.


Q: En Jc 5,10-11, la patience et la persévérance/constance sont en rapport l'une avec l'autre, mais quelle est la différence ?

R: La patience, c'est la capacité d'attendre avec calme quelque chose, quelqu'un, ou Dieu. La persévérance, c'est « tenir bon » et endurer la lutte. Vous avez besoin de patience pour persévérer pendant un certain temps.

La persévérance ne consiste pas à rester passivement en retrait, mais à continuer de lutter pour faire ce que vous savez que Dieu veut que vous fassiez, en dépit des obstacles. La persévérance, c'est tenir bon dans un combat, qu'il soit athlétique, militaire ou spirituel. Nous devons persévérer dans les afflictions brèves et intenses, mais aussi dans les épreuves chroniques et prolongées, sans perdre notre joie ni notre espérance.

Enfin, Jacques a dit que Job avait de la constance/persévérance, mais Jacques n'a pas réellement dit que Job avait de la patience. Job était constant dans sa foi en Dieu, mais bien des fois Job fut impatient envers Dieu.


Q: En Jc 5,10-11 et Jc 1,3-4, pourquoi la persévérance est-elle importante pour un chrétien ?

R: Nous sommes appelés à endurer les persécutions et les épreuves. Nous ne sommes pas censés nous inquiéter de l'avenir, pour lequel nous n'avons aucune garantie. Dans la parabole du semeur en Luc 8,5-18 : la semence tombée sur le roc leva avec joie, mais ne persévéra pas. La semence tombée parmi les épines poussa elle aussi, mais fut étouffée et ne produisit aucun fruit. Les gens aiment la restauration rapide, même lorsqu'elle n'est pas très saine ; de même, certains aimeraient une nourriture spirituelle rapide.


Q: En Jc 5,12, jurer signifie ici promettre par quelque chose. Ici et en Mt 5,34-37, pourquoi Dieu ne veut-il pas que nous prononcions des serments ? Que pensez-vous que Dieu voit lorsque quelqu'un jure ainsi ?

R: Certains des commandements de Dieu ont changé avec la Nouvelle Alliance. Sous la Loi de Moïse, les gens devaient tenir leurs serments, mais sous la « loi de liberté », nouvelle et différente, de la Nouvelle Alliance, nous ne devons pas prononcer de serments du tout. Nous pouvons nous engager à ce que nous prévoyons de faire. Toutefois, si quelque chose change, ou si nous obtenons de nouvelles informations, nous voulons éviter d'être liés.


Q: En Jc 5,12 ; Os 4,2 ; Mt 5,34-37, les serments sont-ils mauvais, ou peuvent-ils être bons comme le montrent Gn 21,24 ; Dt 6,13 ; Ap 10,5-6 ?

R: Les gens prononçaient des serments sous la Loi de Moïse (Lévitique 19,12), et ils ne devaient pas prendre les serments à la légère selon Ecclésiaste 5,4 ; Jérémie 5,2 ; 7,9 ; Osée 4,2 ; et Zacharie 5,3-4. Mais désormais, sous le Christ, « la loi de liberté », nous devons simplement que notre oui soit oui et notre non, non.

Le fait de jurer peut comporter trois aspects négatifs. Premièrement, cela peut conduire à l'orgueil, si vous jurez que quelque chose se produira à coup sûr, alors que vous ne pouvez le maîtriser. Deuxièmement, cela peut nous lier à des engagements que nous n'aurions pas dû prendre. Troisièmement, cela peut tendre à faire croire aux gens que le caractère véridique de leur réponse devrait varier selon qu'ils jurent par une chose plutôt que par une autre, comme Jésus l'a montré en Matthieu 5,33-37.

En passant, les pharisiens évitaient les serments autant qu'ils le pouvaient, et les esséniens ne prononçaient jamais de serments.


Q: En Jc 5,12, est-il acceptable de prêter serment devant un tribunal ?

R: Un serment prêté devant un tribunal par un témoin assermenté produit trois effets : 1) il vous oblige à répondre « oui » ou « non » au lieu d'éluder la question, 2) vous acceptez implicitement, peut-être, de subir une peine pour parjure si vous mentez. Deux formulations de serment devant un tribunal des États-Unis sont : « Je jure de dire la vérité, toute la vérité, et rien que la vérité » ou « J'affirme solennellement de dire la vérité, toute la vérité, et rien que la vérité », bien que je préfère la seconde.

Il n'y a rien de mal à ces serments. Jésus fut mis sous serment par le grand prêtre en Matthieu 26,63-64. Le problème surgit si vous jurez par Dieu, par Jérusalem, par la Bible, ou si vous dites en substance : « Je dirai la vérité parce que je jure sur cette autre chose. » En d'autres termes, vous laisseriez entendre que certaines de vos paroles sont plus honnêtes que d'autres. Un second problème, que Jacques 5,13-15 aborde, est que si vous promettez que quelque chose se produira à l'avenir, vous ne connaissez pas l'avenir.


Q: En Jc 5,13, pensez-vous que vous êtes plus enclin à prier pour obtenir de l'aide lorsque vous êtes dans la difficulté, ou plus enclin à prononcer une prière d'action de grâces une fois la difficulté passée ? Comment devrions-nous trouver l'équilibre ici ? (Où sont les neuf autres ?)

R: Beaucoup prient plus souvent lorsqu'ils sont dans la difficulté que lorsque les choses vont bien. C'est comme si leur désir d'aide était plus grand que leur désir de rendre grâces à Dieu. Ne diminuez pas vos prières lorsque vous êtes dans la difficulté, mais efforcez-vous de rendre vos prières tout aussi fréquentes et ferventes lorsque les choses vont bien.

En Jacques 5,7-12, il y a sept mentions de la patience et de la constance. Aux versets 5,13-19, il y a sept mentions de la prière.

Lorsque Jésus guérit dix personnes atteintes de la lèpre en Luc 17,11-19 et leur dit d'aller se montrer au prêtre, un seul revint le remercier. Ressemblez-vous à ce lépreux, ou êtes-vous comme les neuf autres ?


Q: En Jc 5,13, lorsque vous éprouvez ces émotions, avez-vous considéré que Dieu vous donne ici un commandement ?

R: Beaucoup de gens verraient qu'il faut prier au sujet de votre souffrance, afin qu'elle soit soulagée, mais ce n'est pas là le point principal ici. Lorsque nous souffrons, c'est une occasion de nous rapprocher de Dieu dans la prière, et Dieu nous commande de prier ; non seulement au sujet de notre souffrance, mais pour être plus proches de lui. Être joyeux se dit littéralement en grec « être d'un bon cœur ». Lorsque nous sommes joyeux, soit pour des raisons évidentes, soit parce que nous nous sentons simplement joyeux sans raison immédiate, il nous est commandé de chanter des psaumes et de louer Dieu. Comme le dit Jean Calvin : « il n'est aucun temps où Dieu ne nous invite à lui ». Ou, comme le dit Motyer : « nous devons sanctifier chaque plaisir et consacrer chaque peine ».


Q: En Jc 5,14, pourquoi exactement les malades devaient-ils être oints d'huile, et devrions-nous le faire aujourd'hui ?

R: L'huile, dans un environnement désertique et sec, peut avoir un effet médical bénéfique pour les maladies de peau. Lorsque Hérode mourut d'une infestation de vers intestinaux, Josèphe rapporte qu'avant sa mort on lui donna un bain d'huile dans l'espoir que cela l'aiderait. L'effet médical de l'huile était donc une pratique courante à cette époque. On oignait d'huile pour demander à Dieu de guérir la personne. Notez qu'il s'agissait de quelqu'un de très malade, et non simplement de quelqu'un qui avait le nez qui coule. Les anciens se rendirent auprès de lui ; ce n'est pas lui qui alla vers les anciens. Ce sont les anciens qui vinrent, non des médecins. Les anciens prièrent pour lui ; peut-être n'était-il pas conscient ou était-il fiévreux, ou incapable de prier pour lui-même.

Il est bon de le faire aussi aujourd'hui. Ce n'est pas de la « magie », mais plutôt de la prière. C'est l'expression de notre requête à Dieu pour cette personne. Il est bon de demander la prière, et il est bon de rechercher une aide médicale, mais ce qui est exclu ici, c'est aussi de demander les incantations d'un sorcier ou d'un guérisseur d'une foi non chrétienne. Si quelqu'un veut « couvrir ses arrières » en faisant prier pour lui un chrétien tout en faisant prier aussi un spiritualiste du Nouvel Âge ou de l'occulte, pourquoi penseriez-vous que la prière serait exaucée ?

L'onction médicinale des malades avec de l'huile était couramment mentionnée dans la littérature ancienne. Dans la Bible, elle apparaît en Isaïe 1,6 ; Jérémie 8,22 ; Marc 6,13 ; Luc 10,34 (le bon Samaritain). En dehors de la Bible, elle est mentionnée dans les Antiquités judaïques de Josèphe, livre 17, ch. 172 (au sujet d'Hérode) ; la Guerre des Juifs de Josèphe, livre 1, ch. 657 ; la Vie d'Adam 36 ; l'Apocalypse de Moïse 9,3 ; le 1 Hénoch slavon 22,8-9 ; 8,35 ; le Som. 2,58 de Philon ; le Ménexène de Platon 238 ; l'Histoire naturelle de Pline, livre 23, ch. 39-40 ; le De Simplicium Medicamentorum Temperamentis de Galien 2,10s selon H. Schlier, TDNT 1, 230-232.

Il était prescrit aux Juifs de visiter et de prendre soin des malades, selon Git. 61a, Sofah 14a d'après la Jewish Encyclopedia, vol. 11, p. 327.

Les premiers chrétiens prenaient soin des malades selon douze auteurs chrétiens pré-nicéens : Polycarpe, Justin Martyr, le Diatessaron de Tatien, Clément d'Alexandrie, Tertullien, Commodien, Cyprien, les responsables de l'Église de Rome, Pontius, Denys d'Alexandrie, Méthode et Lactance.

En passant, l'Église catholique romaine finit par n'autoriser que les prêtres à oindre les malades et à administrer les derniers sacrements. Toutefois, le « Rite de l'onction et de la pastorale des malades » de l'Église catholique romaine de 1974, p. 26, indique que les laïcs peuvent, eux aussi, oindre les malades.


Q: Jc 5,14 soutient-il la pratique catholique romaine de l'« onction » ou des « derniers sacrements », instaurée au huitième siècle et codifiée au Concile de Trente 15,1 ?

R: Non, il dit d'oindre les malades, non pas seulement ceux qui sont sur le point de mourir. Le rite de l'« extrême-onction » a pour objet ceux qui vont mourir, tandis que l'objet, chez Jacques, est le rétablissement. Il est bon de le faire pour ceux qui sont sur le point de mourir, mais rien ne soutient un sacrement qui serait différent pour ceux qui sont sur le point de mourir de ce qu'il est pour ceux qui sont malades. Malheureusement, outre la condamnation de tout le protestantisme, les participants au Concile de Trente déclarèrent anathème quiconque niait que l'extrême-onction fût un sacrement.

Comme le dit le ministre anglican Richard Hooker, opposant l'Église anglicane à l'Église catholique romaine : « Nous nous efforçons d'instruire les hommes de telle sorte que toute âme blessée par le péché puisse apprendre le moyen de se guérir elle-même ; eux, tout au contraire, voudraient faire paraître toutes les plaies incurables, à moins que le prêtre n'y ait part. » (Richard Hooker, Laws of Ecclesiastical Polity (1888), livre 6, ch. 6,2.)


Q: Jc 5,15-16 soutient-il les « guérisseurs par la foi » d'aujourd'hui ?

R: Non. Nous devons tous prier. Cela ne dit pas que nous ne pouvons pas recourir aussi à une aide médicale.


Q: Jc 5,16 soutient-il la pratique catholique romaine de la confession à un prêtre ?

R: Non, il dit de se confesser les uns aux autres. Les prêtres confessent-ils généralement leurs péchés à des non-prêtres ?


Q: En Jc 5,16, il est dit : « La prière efficace du juste a une grande puissance », tandis que Romains 3,10 dit : « Il n'y a point de juste, pas même un seul. » Si aucun n'est juste, pourquoi alors parler de « la prière efficace du juste » ?

R: Il y a trois aspects à considérer pour comprendre cela.

Sans le Christ, Romains 3,10 décrit la condition humaine de chaque personne sans exception, séparée de Dieu. Nul n'est juste par lui-même. Mais depuis la venue de Jésus, nous sommes rendus justes ; sinon personne ne serait ici concerné.

(Déjà) Positionnellement avec le Christ : en raison de l'œuvre du Christ, nous sommes positionnellement justes à 100 % au regard de Dieu. Toutefois, ce n'est pas de cela que ce verset parle.

(En devenir) Expérientiellement avec le Christ, nous sommes censés mener dès maintenant une vie juste dans notre marche avec Dieu et dans notre effort pour être davantage semblables au Christ dès à présent.

En résumé : la justice signifie ici marcher droit avec Dieu, et non une perfection sans péché. Selon cette définition, oui, les croyants peuvent être et sont censés être justes dès maintenant.


Q: En Jc 5,16, devons-nous faire une confession publique détaillée de chaque péché à quelqu'un d'autre ?

R: Ne vous confessez pas à quelqu'un qui colportera vos propos, ou à quelqu'un qui pourrait être scandalisé par ce que vous partagez. Vous n'avez pas besoin de confesser chaque détail sordide, mais confessez ce que vous avez fait, pourquoi, et ce que vous en ressentez à présent.


Q: En Jc 5,16, comment devons-nous confesser nos péchés aux autres aujourd'hui ?

R: Un chrétien peut avoir un (ou plusieurs) « partenaires de responsabilité » auxquels confesser ses péchés, et dont on attend qu'ils lui posent des questions sur sa marche avec le Christ. Le chrétien sait qu'il sera interrogé. Choisissez quelqu'un qui est un croyant mûr et qui ne sera pas tenté en entendant parler de votre péché, ni ne le colportera à d'autres.


Q: En Jc 5,16, si une chrétienne mourait en ayant oublié de demander à Dieu pardon pour chacun de ses péchés, irait-elle tout de même au ciel ?

R: Oui. Nous avons été pardonnés à la croix. C'est Jésus qui pourvoit au moyen de notre pardon, et non nos paroles de confession. Toutefois, nous devons tout de même confesser nos péchés et présenter à Dieu tout ce dont nous pouvons nous souvenir.


Q: En Jc 5,16, comment la prière d'une personne juste est-elle puissante ?

R: Le grec ne dit pas « fervente », mais plutôt simplement « d'une prière il pria ». Le mot grec pour puissante ici, ischys, se rapporte à une chose ou à une personne ayant la puissance d'être à la hauteur d'une tâche. Alec Motyer suggère qu'il pourrait se traduire par « ressources inexploitées ».


Q: En Jc 5,17-18 et Lc 3,25, Élie est-il un exemple de patience ou de persévérance ? Pourquoi ?

R: Oui, Élie était un bon exemple. Élie pria pour qu'il n'y ait pas de pluie, pendant trois ans et demi, et il fut patient, alors même que la reine voulait le traquer. Élie fut un exemple courageux de foi en 1 Rois 18,19-36. Cependant, Élie n'était pas parfait. Il s'enfuit à une seule menace en 1 Rois 19,3. Élie fut déprimé et effrayé après l'affrontement avec les prophètes de Baal et alors que la reine voulait le tuer en 1 Rois 19,4-10. Élie s'apitoya sur lui-même en 1 Rois 19,10. Mais si Élie, malgré ses graves défaillances, peut encore se dresser comme un exemple éclatant de personne juste et priante, alors nous le pouvons aussi.


Q: En Jc 5,19-20, un véritable croyant peut-il jamais s'égarer de la vérité ? En quel sens celui qui revient de son égarement est-il sauvé de la mort ?

R: Oui. Même les élus peuvent être séduits, selon Matthieu 24,12.24. Même des croyants pieux peuvent tomber gravement, comme David le fit, et s'égarer de la vérité ; mais s'ils sont de véritables croyants, ils reviendront. L'Église est bien des choses, mais l'une de celles qu'elle devrait être, c'est un hôpital spirituel.


Q: En Jc 5,20 ; Pr 10,12 ; 1 P 4,8, comment le fait de sauver de la mort l'âme d'un pécheur couvre-t-il une multitude de péchés ?

R: Le texte dit « couvrir » une multitude de péchés, non « pardonner » une multitude de péchés. Le sang couvrant l'autel dans l'Ancien Testament n'apportait pas le pardon en lui-même et par lui-même, mais il était un moyen de « se relier » au pardon donné par Dieu, plus tard par Jésus-Christ, comme l'enseigne Hébreux 10,1-4. Ramener quelqu'un de son erreur est ici un moyen que Dieu a utilisé pour apporter à l'autre personne le pardon du Christ. Mais cela peut aussi avoir un bon effet sur celui qui partage. Il peut voir plus clairement les ténèbres du péché et la lumière de l'amour de Dieu. Il n'est que trop facile de s'éloigner d'un plein engagement envers Dieu, et nous devons veiller sur nous-mêmes. Mais nous devons aussi aider les autres croyants à veiller sur eux-mêmes.

Notez également que le texte ne dit pas spécifiquement que ce sont les anciens qui doivent faire cela. « Quiconque » est croyant devrait le faire.


Q: Dans Jc, que penser de l'affirmation selon laquelle on aurait trouvé un ossuaire [coffre à ossements] contenant les os de Jacques, le frère du Seigneur ?

R: Oded Golan, le marchand d'antiquités qui a produit cet objet, a aussi produit une tablette de pierre du VIIIe siècle av. J.-C. relatant des réparations du temple, très semblable au récit de Joas en 2 Rois. Il a été arrêté par la police israélienne pour soupçons de contrefaçon et de fraude en matière d'antiquités. Un comité d'archéologues israéliens a jugé que ces deux objets étaient des contrefaçons ; un texte récent avait été ajouté à des vestiges de pierre anciens. Des analyses de laboratoire montrent que la « patine du temps censée recouvrir l'inscription ancienne n'avait été appliquée que récemment », Christian News, 29 juillet 2003, p. 1 et 24. L'analyse microscopique du coffre a montré que l'inscription ne présentait pas le même revêtement oxydatif dû au vieillissement que le reste du coffre. Daniel Eylon, spécialiste des matériaux à l'Université de Dayton, a qualifié la contrefaçon d'« évidente » selon USA Today, 19/06/2003, p. 8D.


Q: Dans Jc, pourquoi ce livre devrait-il figurer dans la Bible, puisque Martin Luther en avait une si piètre opinion ?

R: Luther n'a jamais nié que Jacques devait figurer dans la Bible. Cependant, en 1520, lors d'une discorde entre Luther et le réformateur Andreas Karlstadt, qui enseignait alors à partir du livre de Jacques, Luther minimisa l'importance de Jacques, disant que, comparé aux écrits de Paul, Jacques était une épître de paille. Luther n'a jamais rejeté le livre de Jacques, mais il l'a placé tout à la fin de la Bible.

La minimisation opérée par Luther est moins un commentaire sur le livre de Jacques qu'un commentaire sur certains excès de la théologie de Luther. Luther nous comparait, en regard du Christ, à du fumier recouvert de neige. Par nature, nous sommes hideux, mais le Christ nous recouvre. Tout cela est bon et vrai. Cependant, Luther omettait le fait que le Christ accomplit une œuvre pour nous sanctifier. Dieu ne se contente pas de recouvrir notre « fumier » pécheur et de nous rendre sans péché au ciel, mais il est en train de nous affiner comme de l'or dès maintenant.


Q: Dans Jc, comment savons-nous si ce que nous avons aujourd'hui est une préservation fidèle de ce qui fut originellement écrit ?

R: Il y a au moins deux raisons.

1. Dieu a promis de préserver sa parole en Isaïe 55,10-11 ; Isaïe 59,21 ; Isaïe 40,6-8 ; 1 Pierre 1,24-25 ; et Matthieu 24,35.

2. Le témoignage de l'Église primitive. Voici les auteurs qui ont fait référence à des versets de Jacques.

Clément de Rome (96-98 apr. J.-C.) cite Jacques 4,6 (identique à 1 Pierre 5,5b ; Proverbes 3,34) dans 1 Clément ch. 30, vol. 1, p. 13. Ailleurs, il fait aussi allusion à Jacques.

L'Épître de Barnabé (v. 70-130 apr. J.-C.) ch. 19, p. 149, fait allusion à Jacques 1,8.

Le Pasteur d'Hermas (v. 115-155 apr. J.-C.) cite la moitié de Jacques 4,12 dans la Similitude 9, ch. 23, p. 51. Il fait aussi référence à une partie de Jacques 5,19-20 dans la Similitude 10, ch. 4, p. 55.

2 Clément (120-140 apr. J.-C.) ch. 15, p. 255, fait allusion à Jacques 2,19-25.

Irénée (182-188 apr. J.-C.) fait référence à 3 versets de Jacques.

Citation à un quart : Jacques 2,23, Irénée, Contre les hérésies, livre 4, ch. 13,4, p. 478 : « Abraham… et devint ainsi l'“ami de Dieu”. Mais le Verbe de Dieu… » En Isaïe 41,8b, Dieu dit : « descendants d'Abraham, mon ami ».

Citation aux trois quarts : Jacques 2,23b : « et il fut appelé ami de Dieu. » Cette formulation exacte ne se trouve qu'en Jacques 2,23b. Irénée, Contre les hérésies, livre 4, ch. 15,1, p. 481.

Le Canon de Muratori (v. 170-210 apr. J.-C.) ne mentionne pas Jacques.

Clément d'Alexandrie (193-217/220 apr. J.-C.) cite Jacques 4,6 et 1 Pierre 5,6 dans les Stromates, livre 3, ch. 6, p. 390 et livre 4, ch. 17, p. 428-439.

Tertullien (198-220 apr. J.-C.) fait allusion à Jacques 1,13 : « mais loin de nous la pensée que le Seigneur puisse paraître tenter, comme s'il ignorait la foi de quelqu'un, ou bien qu'il fût désireux de la renverser. » De la prière, ch. 8, p. 684.

Origène (225-254 apr. J.-C.) cite Jacques 4,17 dans le De Principiis, livre 1, ch. 3,6, p. 254.

Le Traité anonyme contre Novatien (254-256 apr. J.-C.) cite la moitié de Jacques 4,6, p. 661.

Denys d'Alexandrie (246-265 apr. J.-C.) cite une partie de Jacques 1,13 dans L'Évangile selon Luc, p. 116. Il cite aussi la moitié de Jacques 1,13 dans une Exposition de Luc 22,46, etc., p. 119.

Après Nicée

Moitié : l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe (323-326 apr. J.-C.), livre 2, ch. 23, p. 128, dit que Jacques et Jude sont réputés avoir écrit les lettres qui portent leur nom, bien que cela soit contesté. Nicene and Post-Nicene Fathers, deuxième série, vol. 1, p. 128.

Hilaire de Poitiers (355-367/268 apr. J.-C.) cite Jacques.

Athanase (367 apr. J.-C.) ne fait référence à aucun verset spécifique de Jacques, mais il énumère les livres du Nouveau Testament dans sa Lettre festale 39, p. 552.

La Synopsis Scripturae Sacrae (350-370 apr. J.-C. ou Ve siècle) mentionne Jacques comme faisant partie du Nouveau Testament. Elle cite tout Jacques 1,1.

Le Synode de Laodicée (en Phrygie) (343-381 apr. J.-C.), canon 60, p. 159, énumère les livres de l'Ancien Testament et du Nouveau Testament. Le canon 59, p. 158, dit que seuls les livres canoniques de l'Ancien et du Nouveau Testament peuvent être lus à l'église.

Cyrille de Jérusalem (v. 349-386 apr. J.-C.) mentionne Jacques parmi les « sept épîtres catholiques de Jacques, Pierre, Jean et Jude » dans la Catéchèse 4,36, p. 28.

Grégoire de Nazianze (330-391 apr. J.-C.) fait allusion à Jacques.

Amphiloque (mort en 394 apr. J.-C.), Iambi ad Seleucum.

Didyme l'Aveugle (398 apr. J.-C.) cite Jacques 1,12 ; 2,3 comme étant de Jacques. Commentaire sur Zacharie 6, p. 129-130.

Didyme l'Aveugle (398 apr. J.-C.) cite Jacques 1,27 comme étant de Jacques. Commentaire sur Zacharie 7, p. 138.

Épiphane de Salamine (360-403 apr. J.-C.) mentionne les quatre évangiles, les 14 lettres de Paul, Jacques, Pierre, Jean, Jude, les Actes, l'Apocalypse de Jean, la Sagesse de Salomon et le Siracide (= l'Ecclésiastique).

Rufin (374-406 apr. J.-C.) se réfère à Jacques comme à l'Écriture.

Jean Chrysostome (392-407 apr. J.-C.) cite le dernier tiers de Jacques 2,18 avec la formule « il est dit ». Homélies sur l'Évangile de saint Jean, Homélie 72 sur Jean 13,20, vol. 14, p. 267.

Jean Chrysostome (392-407 apr. J.-C.) cite les trois quarts de Jacques 2,13 dans les Homélies sur Philémon, Homélie 3, verset 25, vol., p. 556.

Chromace (mort en 407 apr. J.-C.).

Jérôme (373-420 apr. J.-C.).

Orose/Hosius de Braga (414-418 apr. J.-C.).

Concile de Carthage (393-419 apr. J.-C.).

Jean Cassien (419-430 apr. J.-C.) cite la moitié de Jacques 1,12 dans la Première Conférence de l'abbé Isaac, ch. 23, p. 395.

Jean Cassien (419-430 apr. J.-C.) cite la moitié de Jacques 2,13 dans la Première Conférence de l'abbé Isaac, ch. 22, p. 395.

Jean Cassien (419-430 apr. J.-C.) cite la moitié de Jacques 1,19 dans la Première Conférence de l'abbé Nestéros, ch. 9, p. 439.

Jérôme (373-420 apr. J.-C.) traite des livres du Nouveau Testament. Il mentionne spécifiquement chacun des quatre évangiles, les écrits de Paul aux sept églises, les Hébreux, l'écrit de Paul à Timothée, Tite et Philémon. Jérôme traite ensuite des Actes des Apôtres. Puis il traite des sept épîtres de Jacques, Pierre, Jean et Jude. Enfin, il traite de l'Apocalypse de Jean. Lettre 53, ch. 9, p. 101-102.

Augustin d'Hippone (388-430 apr. J.-C.) mentionne l'apôtre Jacques et se réfère aux trois quarts de Jacques 2,13 dans La Cité de Dieu, livre 19, ch. 26, p. 419.

L'Histoire ecclésiastique de Socrate (v. 400-439 apr. J.-C.).

Cyrille d'Alexandrie (444 apr. J.-C.).

Hésychius de Jérusalem (mort en 450 apr. J.-C.) (plus tardif) se réfère à Jacques 2,3.

Eucher (v. 424-455 apr. J.-C.), Instructiones.

Le Speculum (Ve siècle).

Le pape Léon Ier de Rome (440-461 apr. J.-C.).

Prosper d'Aquitaine (425-465 apr. J.-C.) se réfère à Jacques 1,17 comme étant de l'apôtre Jacques.

Jean Damascène (706-749 apr. J.-C.) : « …sept épîtres catholiques, à savoir une de Jacques, deux de Pierre, trois de Jean, une de Jude… » Exposition de la foi orthodoxe, livre 4, ch. 17, p. 90.

Parmi les livres apocryphes

Le Pseudo-Pierre d'Alexandrie (306, 285-311 apr. J.-C.) fait allusion à Jacques 3,2. The Genuine Acts of Peter, p. 258.

3. Les plus anciens manuscrits de Jacques que nous possédons présentent de petites variantes textuelles, mais aucune erreur théologiquement significative. Voici quelques-uns des manuscrits antérieurs au VIIIe siècle.

p20 (= papyrus Oxyrhynchus 1171) IIIe siècle. Jacques 2,19-3,2 ; (6 lettres sur 96 de 3,3) ; 3,4-9. Une photographie de ce manuscrit figure dans The Complete Text of the Earliest New Testament Manuscripts, p. 96. Cet ouvrage mentionne aussi que l'écriture du manuscrit est très semblable à celle du manuscrit P. Egerton 4 de 2 Chroniques et du p27, un manuscrit des Romains. Texte alexandrin.

IIIe siècle - 1968 - The Text of the New Testament ne mentionne pas 3,3.

IIIe siècle - 1998 - Aland et al., quatrième édition révisée.

p23 Urbana (début du IIIe siècle) (= papyrus Oxyrhynchus 1229) (Jacques 1,10-12.15-18). Une photographie figure dans The Complete Text of the Earliest New Testament Manuscripts, p. 102.

Début du IIIe siècle - 1968 - The Text of the New Testament.

p54 Ve-VIe siècle. (Jacques 2,16-18 ; 2,21 ? ; 2,22-26 ; 3,2-4). Concorde avec le Vaticanus, le Sinaiticus et l'Ephraemi Rescriptus.

Ve/VIe siècle - 1968 - The Text of the New Testament n'a pas 2,21.

p74 (= Bodmer 17) Actes 1,2-5.7-11.13-15.18-19.22-25 ; 2,2-4 ; 2,6-3,26 ; 4,2-6.8-27 ; 4,29-27,25 ; 27,27-28,31 ; Jacques 1,1-6.8-19.21-23.25.27 ; 2,1-3.5-15 ; 18-22.25-26 ; 3,1.5-6.10-12.14.17-18 ; 4,8.11-14 ; 5,1-3.7-9.12-14.19-20 ; 1 Pierre 1,1-2.7-8.13.19-20.25 ; 2,6-7.11-12.18.24 ; 3,4-5 ; 2 Pierre 2,21 ; 3,4.11.16 ; 1 Jean 1,1.6 ; 2,1-2.7.13-14.18-19.25-26 ; 3,1-2.8.14.19-20 ; 4,1.6-7.12.16-17 ; 5,3-4.9-10.17 ; 2 Jean 1.6-7.13 ; 3 Jean 6.12 ; Jude 3.7.12.18.24 (VIIe siècle).

VIIe siècle - 1968 - The Text of the New Testament a Jacques 2,4 et 1 Pierre 1,12.

VIIe siècle - 1975 - Aland et al., troisième édition.

VIe siècle - 1998 - Aland et al., quatrième édition révisée.

p100 (= papyrus Oxyrhynchus 4449) Jacques 3,13-4,4 ; 4,9-5,1 (IIIe ou IVe siècle).

Le Vaticanus [B] (325-350 apr. J.-C.), le Sinaiticus [Si] (340-350 apr. J.-C.) et l'Alexandrinus [A] (v. 450 apr. J.-C.) contiennent tout Jacques.

Copte bohaïrique [Boh] IIIe/IVe siècle.

Copte sahidique [Sah] IIIe/IVe siècle.

Italique ff (Corbiensis).

Italique s (Bobiensis) Jacques 1,1-2.10.16-3,5 ; 3,13-5,11 ; 5,19.

Vieux latin m (pseudo-Augustin) 1,19-20.26-27 ; 2,13-17 ; 2,26 ; 3,1-8.13 ; 14,1.7.10-13 ; 5,1-3.5.

Ephraemi Rescriptus (C) Ve siècle. Jacques 1,1-4,2.

0166 Ve siècle. Jacques 1,11.

0173 Ve siècle. Jacques 1,25-27.

Arménien [Arm] à partir du Ve siècle.

Géorgien [Geo] à partir du Ve siècle.

Éthiopien [Eth] à partir d'environ 500 apr. J.-C.

Peshitta syriaque [Syr P] 375-400 apr. J.-C.

Syriaque philoxénienne 507/508 apr. J.-C.

Syriaque harcléenne [Syr Her].

Syriaque palestinienne [Syr Pal] Jacques 1,1-12.

Selon le New International Greek Testament Commentary sur Jacques, p. 59-60, il n'existe aucun texte de la « famille occidentale » de Jacques, seulement des textes alexandrins et byzantins.

À noter également que le Canon de Muratori (v. 170 apr. J.-C.) n'incluait pas Jacques, les Hébreux, 1 et 2 Pierre, ni la troisième lettre de Jean.

Voir www.BibleQuery.org/James Manuscripts.html pour de plus amples informations sur les premiers manuscrits de Jacques.


par Steven M. Morrison, docteur (PhD).